Nord-Kivu : la commune de Lubero confrontée à la pénurie d’eau  potable

‎Lubero,  1er juin 2026 (ACP).-  La commune de Lubero, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), fait face à une insuffisance d’approvisionnement en eau potable malgré l’existence de six mini-réseaux d’adduction, a appris lundi l’ACP de source associative.

« La commune de Lubero est alimentée, notamment par les sources de Mukuka, située dans l’aire de santé de Mulo, et de Tsaghu-tsaghu, dont le débit est estimé à 5,5 litres par seconde. Toutefois, ces infrastructures ne parviennent plus à satisfaire les besoins de la population estimés à 170.000 âmes en raison de leur vétusté et de la forte croissance démographique enregistrée au cours des dernières décennies », a déclaré Mumbere Sadiki, président directeur des réseaux des adductions gravitaires d’eau potable de Lubero.

Selon cet acteur de développement, les infrastructures de captage et d’adduction actuellement en service datent de 1988 et se trouvent dans un état de dégradation avancé, limitant considérablement la couverture en eau potable dans plusieurs cellules de la commune de Lubero.

Les bornes fontaines existantes au chef-lieu du territoire de Lubero ont été construites dans le cadre du programme de réhabilitation communautaire financé par la coopération entre le Zaïre et le Canada, depuis 1988. À l’époque de leur réalisation, la cité de Lubero comptait environ 22.000 habitants. Aujourd’hui, la population hôte dépasse les 100.000 habitants, auxquels s’ajoutent plus de 70.000 personnes déplacées internes ayant fui l’insécurité dans les zones affectées par les activités du M23, au Sud et les ADF-MTM, actifs dans la partie occidentale de cette entité déconcentrée.

Cette pression démographique a fortement réduit la capacité du réseau à répondre à la demande croissante. Plusieurs bornes-fontaines restent régulièrement à sec pendant les heures de pointe, obligeant de nombreux ménages, notamment ceux vivant au centre de la commune, à passer plusieurs jours sans accès à l’eau potable.

« La situation engendre également des risques de protection pour les femmes et les jeunes filles, souvent contraintes de parcourir de longues distances ou de s’approvisionner en eau à des heures tardives. Des cas de violences basées sur le genre auraient été signalés dans ce contexte entre novembre et décembre 2024 ainsi qu’en janvier 2025, selon des témoignages recueillis dans la communauté », a  relevé M. Mumbere. 

‎Face à cette situation, surtout en cette période durant laquelle le lavage des mains est une nécessité dans le cadre des mesures barrières contre la maladie à virus Ebola, les acteurs locaux plaident pour la réhabilitation et l’extension des infrastructures d’approvisionnement en eau potable, afin de garantir un accès suffisant, durable et sécurisé à l’ensemble de la population de la commune de Lubero.

‎ACP/

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