Kisangani, 17 juillet 2025 (ACP).- Des journées scientifiques sont programmées le 25 juillet 2025 à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo au nord-est de la République démocratique du Congo, pour marquer les 25 ans de la guerre des six jours, a appris l’ACP jeudi de source universitaire.
«Il s’agit d’informer son Excellence, Monsieur le Gouverneur a.i., sur le projet que nous avons initié d’organiser des journées scientifiques commémoratives de la guerre des six jours, 25 ans après ces événements tragiques», a déclaré le professeur Norbert Ngoy Mwepu, de l’Université de Kisangani, et directeur adjoint du Centre de recherche interdisciplinaire pour le développement et l’éducation (CRIDE), lors d’un entretien au gouvernorat.
Selon lui, ces assises auront pour but d’éclairer les jeunes générations, souvent ignorantes des faits liés à ce conflit armé meurtrier survenu à Kisangani en juin 2000, il est impératif de transmettre cette mémoire collective.
«Le projet consiste notamment à organiser des journées scientifiques en conviant les grands témoins de la guerre des six jours. Nos enfants ne savent pas ce que ça a été. Beaucoup d’étudiants à l’Université de Kisangani sont nés après 2000 et n’ont aucune idée de ce qui s’est passé. Nous avons le devoir de restituer cette tranche d’histoire à notre progéniture, à ceux qui sont là aujourd’hui et à ceux qui viendront demain», a-t-il précisé.
Le gouverneur intérimaire, Didier Lomoyo Iteku, touché par cette initiative, a réservé un accueil favorable au projet, selon le Prof Ngoy Mwepu.
Sauf imprévu, ces journées scientifiques sont prévues pour le vendredi 25 juillet 2025, avec comme lieu souhaité le site de Saint-Gabriel. Le choix de cette date, selon les organisateurs, vise à s’inscrire dans la dynamique des cérémonies commémoratives nationales à venir.
«Je dois vous avouer que nous avons reçu un encouragement moral évident. Son Excellence a lui-même vécu la guerre ; il était au front à l’époque. C’est un homme très sensible à cette thématique. Il est aussi question d’apporter notre contribution aux futures célébrations. Il y a probablement un mémorial en construction ici. Il faudrait qu’on y inscrive une mémoire nourrie de faits, de témoignages et d’analyses historiques», a-t-il conclu.
Cette initiative académique entend ainsi jeter les bases d’un devoir de mémoire national, en nourrissant la réflexion sur les leçons de l’histoire et sur la nécessité de bâtir une culture de paix durable au cœur même des provinces jadis meurtriers. La guerre des six jours, qui opposa les armées ougandaise et rwandaise à Kisangani, avait fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils. Un quart de siècle plus tard, les traces de cette tragédie restent vives dans les mémoires boyomaises. ACP/C.L.

