Kinshasa, 20 octobre 2025 (ACP).- Le manque d’ostéodensitométrie (l’appareil permettant de poser un diagnostic fiable de l’ostéoporose) sur l’ensemble de la République démocratique du Congo a été relevé lundi à Kinshasa par un rhumatologue, au cours d’un entretien à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre cette maladie.
« À ce jour en RDC, aucune institution hospitalière ne possède d’ostéodensitomètre, un appareil permettant de poser aisément le diagnostic de l’ostéoporose avant la survenue de la première fracture. Ce manque constitue un grand frein à une prise en charge optimale », a déclaré le Dr Aldo Mavinga, rhumatologue aux Cliniques universitaires de Kinshasa.
Selon ce spécialiste, cet appareil permet de quantifier de manière fiable la densité osseuse. Il a appelé les décideurs à soutenir la médecine du pays en octroyant ou en équipant les hôpitaux de référence ou tertiaires de densitomètres osseux, afin d’aider non seulement le personnel médical, mais aussi les patients, et de rendre disponibles les traitements par anti-ostéoporotiques.
Le Dr Mavinga a par ailleurs invité la population à minimiser les facteurs de risques modifiables et à tout mettre en œuvre pour préserver la santé osseuse, car l’appareil locomoteur est la garantie de l’autonomie des mouvements.
Pour lui, les difficultés rencontrées sont notamment liées à la faible connaissance de cette maladie, tant par la population que par le personnel médical.
« Il faut davantage de vulgarisation pour que cette maladie soit connue et communiquer afin d’envisager un changement de comportement influençant les facteurs de risques modifiables », a-t-il insisté.
Il a annoncé que très prochainement, des campagnes de sensibilisation seront organisées auprès de la population générale à travers les médias, et que des conférences de renforcement des capacités des praticiens du secteur médical se tiendront également.
« Pour l’instant, en RDC, nous ne disposons pas de données ou de statistiques, mais les estimations montrent que les cas sont nombreux. L’IOF (International Ostéoporoses Fondation) a révélé qu’après 50 ans, une femme sur trois et un homme sur cinq seraient touchés par cette maladie », a-t-il ajouté. ACP/

