Kwango : le choléra progresse à Kasongo-Lunda, déjà 560 cas notifiés et 37 décès (Par Héritier Matenga)

Kinshasa, 23 août 2026 (ACP).- La situation sanitaire se détériore rapidement dans la zone de santé de Kasongo-Lunda, située dans la province du Kwango, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) où l’épidémie de choléra connaît une progression inquiétante avec 560 cas et 37 décès.

Une situation aggravée par des ruptures de stocks et des cas importés d’Angola. Kasongo-Lunda est devenue le principal foyer actif de l’épidémie.

Le Dr Jacques Kimfuta, chef de la Division provinciale de la santé du Kwango a indiqué à l’ACP : « Les décès sont déclarés ces derniers jours depuis le lundi 17 août suite à la rupture des intrants de prise en charge et le manque d’appropriation des mesures de prévention par la communauté« .

La province a dépêché un kit d’urgence pour ravitailler la zone.

Un soutien institutionnel et international attendu

Contacté également par l’ACP, le médecin-chef de la zone, le Dr Anaclet Nkinzi, a rappelé que la population a déjà bénéficié de deux interventions des gouvernements provincial et national, tandis qu’une troisième aide est en cours d’acheminement.

Il a également salué le soutien annoncé par plusieurs partenaires clés, notamment, Memisa Belgique, Médecins Sans Frontières et l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

« Face à l’extension de l’épidémie liée aux mauvaises pratiques d’hygiène et à la faible couverture en eau potable, toute intervention est la bienvenue« , a fait savoir le Dr Nkinzi.

Des failles logistiques et sanitaires alarmantes

La première faille majeure réside dans l’absence totale de morgue ou de structure adaptée pour conserver les 37 dépouilles recensées.

Cette situation force les familles à manipuler elles-mêmes les corps, sans aucune garantie sanitaire.

Ces rites funéraires non sécurisés exposent directement les proches à un risque élevé de contamination et favorisent la propagation de la maladie.

Une autre faille critique concerne l’isolement des acteurs communautaires qui manquent cruellement de moyens de transport, comme des motos ou des vélos.

Ce manque de mobilité paralyse la détection des cas, la sensibilisation et la distribution de produits de traitement de l’eau dans les villages enclavés.

De plus, l’absence de véhicules entraîne un retard important dans l’analyse biologique en entravant l’acheminement des échantillons médicaux vers le laboratoire spécialisé de Kenge.

Enfin, le système fait face à une rupture imminente des stocks médicaux essentiels, incluant les solutés de réhydratation, les médicaments et le matériel de protection individuelle.

Ces réserves d’urgence sont déjà épuisées par des partages avec la zone de Popokabaka.

Cette vulnérabilité est accentuée par une faille structurelle majeure : un accès très limité à l’eau potable, qui contraint les habitants à consommer de l’eau souillée.

L’enclavement, frein majeur à l’aide d’urgence

La dégradation des routes reliant Kasongo-Lunda à Kinshasa et à Kenge empêche le transport rapide des intrants médicaux, des médicaments et du matériel d’assainissement.

Dans ce secteur isolé, l’urgence médicale se double d’un défi logistique critique.Une mobilisation générale indispensable.

Les capacités de réponse locales sont désormais dépassées. Pour stopper la contagion, les priorités sont claires : réapprovisionner les dépôts de médicaments, fournir des moyens de transport, sécuriser le traitement des dépouilles et offrir un accès immédiat à l’eau potable.

Une intervention urgente du gouvernement central, du ministère de la Santé, des autorités provinciales, de l’OMS et des partenaires humanitaires est indispensable.

Si le choléra reste une maladie évitable et guérissable, l’enclavement de Kasongo-Lunda et le manque de ressources risquent de transformer cette épidémie en une crise sanitaire majeure sans un renforcement immédiat des secours. ACP/HM

Fil d'actualités

Sur le même sujet