Maï-Ndombe : les acteurs politiques exhortés à privilégier les bénéfices des populations forestières

Kinshasa, 14 mars 2026 (ACP).– Les acteurs politiques de la République démocratique du Congo (RDC) ont été exhortés à privilégier les bénéfices des populations forestières lors d’un point de presse organisé samedi à Kinshasa, sur la mise en œuvre du contrat d’achat et vente du programme de réductions des émissions du Maï-Ndombe (CAVRE/ERPA).

« Nous exhortons tous les acteurs politiques à privilégier la stabilité juridique, la crédibilité internationale de notre pays et la protection effective des droits et bénéfices des populations forestières », a déclaré Guy Kajemba, coordonnateur du Groupe de travail climat Redd+ Rénové (GTCRR). Il animait le point de presse avec l’abbé Jean Paul Lokutu, Coordinateur du GTCRR Maï-Ndombe.
Kajemba a indiqué que la société civile environnementale s’oppose fermement à toute suspension ou révision rétroactive du contrat CAVRE/ERPA, susceptible de compromettre les acquis et de mettre en péril les intérêts des communautés locales et peuples autochtones. Il a rappelé que la RDC, en tant qu’État partie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, est tenue de respecter ses engagements internationaux et de garantir la stabilité de ses accords climatiques.
Selon lui, l’ambition du Programme de réductions d’émissions du Maï-Ndombe (PRE) est de mettre en œuvre un modèle de développement vert au niveau provincial, offrant des alternatives à la déforestation, des primes à la performance pour atténuer le changement climatique, réduire la pauvreté, gérer durablement les ressources naturelles et protéger la biodiversité.
La société civile a proposé d’activer rapidement les mécanismes de valorisation des crédits carbone excédentaires, d’engager des démarches techniques et diplomatiques pour éviter qu’ils ne deviennent caducs, et de mobiliser des instruments de marché complémentaires pour optimiser les revenus au bénéfice des communautés locales. Elle recommande aussi de renforcer la transparence et l’équité dans la gestion des volumes additionnels commercialisables, éviter la capture des fonds par les élites et garantir la pérennité des projets financés.
Kajemba a souligné que certains crédits excédentaires risquent de devenir caducs à brève échéance, et qu’il serait économiquement pertinent de maximiser leur valeur plutôt que de fragiliser un contrat en cours. Il a soutenu le rôle de contrôle parlementaire, proposant une mission d’évaluation, un audit indépendant et l’amélioration des futurs accords carbone pour renforcer la position de négociation de la RDC.
Le Programme de réduction des émissions du Maï-Ndombe est homologué comme programme REDD+ en RDC, suite à la signature du certificat national d’homologation le 13 septembre 2024 par la ministre de l’Environnement et développement durable.

ACP/C.L.

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