Kinshasa : plus de 6.000 ménages déplacés de Pakajuma installés au site de Kinkole

Kinshasa, 26 février 2026 (ACP).- Plus de six mille (6.000) ménages déplacés de Pakajuma ont été installés au site de transit de Kinkole, à N’sele, une commune de l’Est de Kinshasa, en République démocratique du Congo, a indiqué mercredi à l’ACP le ministre provincial de la Santé et Actions humanitaires.

« On compte aujourd’hui plus de 6.000 ménages au niveau du site de Kinkole. Les enregistrements continuent et en même temps le site de Maluku est en train d’être aménagé pour que nous puissions continuer l’opération d’évacuation », a déclaré Patricien Gongo.

D’après le ministre Gongo, les évacuations ont été stoppées parce qu’il y a saturation au niveau du site de Kinkole. En principe, a-t-il dit, le site de Kinkole qui a servi à l’hébergement des sinistrés des pluies des 4 et 6 avril 2025, ne peut pas contenir 20.000 ménages.

« Nous avons stoppé les évacuations parce que le site de Kinkole étant saturé, nous attendons finir l’aménagement du site de Maluku, qui est déjà très avancé », a-t-il ajouté.

La relocalisation des sinistrés de Pakadjuma recommandée vers un autre site adapté

Par ailleurs, la relocalisation des sinistrés de Pakadjuma, hébergés à l’hôpital général de référence de Kinkole à N’sele, une commune de l’Est de Kinshasa, vers un autre site adapté, a été recommandée mercredi au gouverneur de la ville, par le président de la commission Environnement de l’Assemblée provinciale lors d’un entretien accordé à l’ACP.

« Nous recommandons donc au gouverneur de la ville de Kinshasa d’agir dans le plus bref délai, en relocalisant les déplacés de Pakadjuma, actuellement vivant à l’hôpital général de référence de Kinkole vers un autre site adapté » « , a déclaré Steve Mulumba, président de la commission Environnement de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK).

« Il est impératif que les autorités trouvent rapidement une solution, relocaliser ces personnes vers un nouveau milieu de vie approprié, permettre à l’hôpital de fonctionner normalement et aider les quartiers à retrouver leur stabilité », a-t-il martelé.

De son côté, Jina Kitambala, une infirmière prestant à l’hôpital général de référence de Kinkole a décrié l’insécurité depuis l’arrivée des déguerpis de Pakadjuma dans leur formation hospitalière.

« Nous vivons dans l’insécurité depuis l’arrivée des déguerpis de Pakadjuma dans notre hôpital. Pour nous qui travaillons souvent la nuit et assurons la garde des malades, la situation est devenue très difficile. Nous nous sentons en insécurité. Déjà à partir de 19 heures ou 20 heures, il n’est plus possible de sortir sur l’avenue, même pour acheter quelque chose, à cause de ce climat d’insécurité totale. Ces personnes venues de Pakadjuma souvent démunis sortent de l’enclos de l’hôpital la nuit pour commettre des crimes et extorquer les paisibles citoyens. Nous demandons à l’autorité urbaine de Kinshasa de les délocaliser, si possible vers un site plus approprié », a déclaré mercredi à l’ACP Jina Kitambala, une infirmière prestant à l’hôpital général de référence de Kinkole, à N’sele.

 Aucun sinistré de Pakadjuma à Buma

« Présentement ici à Buma, nous n’avons aucun sinistré, tous sont à l’hôpital Centre Neuro-psycho-pathologique (CNPP), là où ils ont été enregistrés pour être pris en charge par les autorités ; c’est ça l’information qui est à notre disposition », a signifié Jean Wange, commandant de la Garde Républicaine du secteur Bikuku, une cité de la commune de N’sele.

« Nous avons reçu les sinistrés de Pakadjuma ici dans notre quartier Buma en date du 13 février, Ils étaient au total 1500 foyers, nous les avons gardés ici pendant 48 heures seulement, après ils ont été délocalisés vers l’hôpital de CNPP à Nsele », a-t-il rappelé.

« Ils n’ont pas pu arriver au village Maman Mobolo vers le Kongo Central parce que la route était impraticable, raison pour laquelle les autorités avaient donné l’ordre de changer leur destination pour le site de Kinkole », a-t-il renseigné.

Pas de cohabitation entre les élèves et les déplacés de Pakadjuma


Pour sa part, le député provincial Richard Mona, élu de la circonscription électorale de la N’sele, a fait savoir qu’il a été informé de la situation qui prévaut entre les élèves de l’Institut technique médical (ITM) et les déplacés de Pakadjuma.

« J’ai été informé de la situation qui prévaut entre les élèves et les déguerpis de Pakadjuma, et j’ai échangé avec le médecin-chef de zone de Santé de la N’sele. Il m’a rassuré que le site d’accueil des déguerpis ne peut pas perturber, les études des élèves fréquentant l’Institut technique médical (ITM) construit dans l’enclos de l’hôpital général de référence de Kinkole », a-t-il indiqué.

« Ce site existe depuis longtemps. Nos frères et sœurs atteints de la maladie à virus Ebola y avaient été hébergés sans problème. De même, les victimes des inondations de l’année passée y avaient été logées et prises en charge par le pouvoir public. Pourquoi aujourd’hui les déguerpis de Pakadjuma dérangeraient-ils les élèves ? », s’est-il interrogé.

« Toutes les dispositions ont été prises afin que rien n’affecte les malades ni les élèves », a-t-il assuré, précisant que les déplacés de Pakadjuma sont placés en quarantaine, en attendant une solution durable pour leur recasement.

ACP/JF

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