Kinshasa : aménagement d’un site à Maluku pour plus de 20.000 ménages de Pakadjuma

Kinshasa, 26 février 2026 (ACP).- Un site situé à Maluku, une commune de l’Est de Kinshasa, en République démocratique du Congo, est en train d’être aménagé pour accueillir plus de 20.000 ménages déplacés de Pakadjuma, a annoncé mercredi à l’ACP le ministre provincial de la Santé et Actions humanitaires.

« Nous attendons plus de 20.000 ménages au niveau du site de Maluku qui est en train d’être aménagé. Les travaux sont présentement très avancés, une fois qu’ils seront terminés, nous allons continuer les évacuations », a dit Patricien Gongo.

« Nous avons seulement mis un frein pour que toutes les conditions puissent être requises au niveau du site de Maluku, pour nous permettre de continuer les évacuations », a-t-il ajouté, indiquant que le site de Kinkole ne peut pas contenir 20.000 ménages.

M. Gongo a, à cette occasion, annoncé la tenue d’une réunion entre le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, la ministre des Affaires sociales et les experts pour voir comment le gouvernement central peut venir en appui aux actions déjà menées par la ville.

 Les récalcitrants sollicitent une bonne prise en charge avant de quitter Pakadjuma

« Les récalcitrants de Pakadjuma n’ont pas voulu aller au site prévu pour eux à Kinkole parce que le site est déjà plein ; ils dorment sous des tentes, d’autres à l’extérieur du site faute de places. Selon eux, ceux qui sont là-bas vivent dans de mauvaises conditions. Il n’y a pas de prise en charge pour la nourriture. Ils doivent se débrouiller sur cette terre étrangère, ce qui n’est pas facile (…) », a dit Jean-Pierre Bola, premier sergent et commandant chef de poste du commissariat de Pakajuma.

« Le premier jour de la relocalisation, le premier lot a été conduit au site de Buma, à Kimbanseke. Mais à leur arrivée, les chefs coutumiers ont refusé de les accueillir, affirmant que c’était leur terre et qu’on ne pouvait pas y installer les habitants de Pakajuma sans concertation préalable. Certains sont revenus la même nuit, avant d’être redirigés le lendemain vers Kinkole », a-t-il laissé entendre.

« Depuis 2024, nous recevions la visite des agents de l’Office National des Transports + Onatra +, qui nous avaient annoncé qu’ils ne démoliraient que dans la limite de 15 mètres après le rail pour permettre le retour du chemin de fer. Ensuite, la société Metrokin est venue identifier les habitants et distribuer des jetons, promettant une indemnisation avant toute démolition. Mais pendant deux ans, nous n’avons eu aucune suite », a rappelé André Yaosisa, un des habitants récalcitrants de Pakadjuma.

« En 2026, l’Onatra nous a demandé de libérer uniquement la zone située à 15 mètres du rail. Deux jours plus tard, nous avons été surpris de voir le ministre arriver avec des engins pour démolir et les démolitions ont dépassé les 15 mètres annoncés. Nous demandons à l’État congolais de nous trouver rapidement une solution, des maisons ou une compensation financière », a-t-il soutenu.

ACP/JF

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