Kinshasa, 6 octobre 2026 (ACP).- Les violences impliquant des militaires affectés pour la sécurisation d’une entreprise à Moanda, une ville du Kongo Central, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC), qui ont provoqué un mort, ont été condamnées par la société civile, selon un communiqué consulté mardi par l’ACP.
« La coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (Corap) condamne, avec la plus grande fermeté, les actes de violence ayant conduit à un drame et impliquant des militaires commis à la sécurisation des installations de l’entreprise Perenco-Rép », a-t-on lu dans ce communiqué signé par Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif cette coalition.
La Corap, selon cette source, a précisé que cette situation fait partie des préoccupations déjà soulevées dans son rapport consacré au village de Kinkazi, concernant notamment les atteintes aux droits des communautés locales.
Elle a relevé que ces communautés font face à des restrictions d’accès à leurs forêts et à leurs champs, limitant leurs activités traditionnelles et de subsistance, notamment l’agriculture, la production de chikwangue, de vin de palme ainsi que l’exploitation des produits forestiers non ligneux.
« La cohabitation entre les communautés de Muanda et les militaires affectés à la sécurisation des installations pétrolières montre aujourd’hui ses limites », a martelé la coalition, appelant à une intervention urgente des autorités compétentes, afin de prévenir de nouveaux incidents et de garantir la sécurité ainsi que le respect des droits des communautés locales.
La Corap a également salué l’ouverture du procès des personnes présumées responsables de la mort de Chadrack Ndamizi Nzita à Maonda, et a demandé que toute la lumière sur les circonstances de ce drame.
« Nous demandons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame, que les responsabilités individuelles et institutionnelles soient établies et que toute personne reconnue responsable réponde de ses actes conformément à la loi », a-t-elle soutenu.
La coalition a invité également le gouvernement congolais à retirer les militaires affectés à la sécurisation des installations de Perenco-Rép, afin de garantir la tranquillité, la sécurité et les droits des communautés de Moanda.
En outre, elle a exhorté Perenco-Rép à prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurisation de ses installations dans le strict respect des droits humains et sans porter atteinte à la sécurité des communautés locales.
« Aucune installation ni aucun bien matériel ne saurait avoir plus de valeur qu’une vie humaine », a martelé une fois de plus cette coalition, qui a soutenu que la protection de la vie humaine doit demeurer au cœur de toute action de l’État comme des entreprises.
ACP/ Bil/ Dits

