Kinshasa, 18 octobre 2026,(ACP)- La lutte contre la corruption en République démocratique du Congo (RDC), cadre juridique et institutionnel du contrôle des défis a été défendue dans un mémoire d’études approfondies à l’université de Kinshasa par un apprenant en troisième cycle, selon les éléments de l’information transmise samedi à l’ACP.
» Le sujet de mon mémoire défendu s’intitule la lutte contre la corruption en RDC, cadre juridique et institutionnel du contrôle des défis », a déclaré Me Justin Mboyo, apprenant en troisième cycle à l’université de Kinshasa.
Dans la présentation de son travail, Me Mboyo a premièrement parlé du cadre juridique principal qui est la Constitution de la RDC d’autant plus que cette loi mère consacre les principes de la transparence, de la moralité publique et de bonne gouvernance, ajoutant que le Code pénal et le Code pénal militaire répriment les infractions de concussion, détournement, corruption active et passive, avant de relever d’autres textes de lois qui sanctionnent la corruption.
Me Mboyo a par ailleurs soutenu que la Loi n°22/068 de décembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sanctionne aussi la corruption d’une manière spéciale, poursuivant que l’adhésion et la ratification par le pays de Lumumba de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) et de la Convention de l’Union africaine., ainsi que le projets et évolutions des textes sur la déclaration de patrimoine des agents publics et la protection des lanceurs d’alerte , font l’objet d’initiatives ou de renforcements législatifs récurrents.
En ce qui concerne le cadre institutionnel et organes de contrôle, il a évoqué L’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), qui a été Créée par l’ordonnance du 17 mars 2020 au sein du cabinet du Président de la République, chargée de concevoir et coordonner les politiques de prévention des corruption.
Dans cette même perspective, cet apprenant du troisième cycle a aussi épinglé l’Inspection générale des finances (IGF) : Service rattaché à la Présidence qui s’est fortement affirmé ces dernières années à travers les contrôles à posteriori, les missions d’encadrement des finances publiques et l’alerte sur les détournements, comme cadre institutionnel de lutte contre la corruption.
A ceux-là s’ajoutent la Cour des comptes : Institution supérieure de contrôle des finances publiques chargée de juger les comptes des comptables publics et de vérifier la bonne gestion budgétaire et la Cellule nationale de renseignements financiers (CENAREF) : Organe national de lutte contre le blanchiment d’argent et les circuits financiers illicites, a renseigné Me Mboyo.
Concernant les principaux défis, il a relevé la faiblesse du pouvoir judiciaire qui souffre d’un manque d’indépendance, de sous-effectifs et d’une corruption endémique en son propre sein, limitant ainsi la suite judiciaire donnée aux dossiers d’envergure, l’ Impunité des hauts responsables malgré les rapports des organes de contrôle (IGF, Cour des comptes) ou les enquêtes, les condamnations effectives des décideurs de premier plan restent rares, alimentant un sentiment d’impunité
Il a aussi épinglé le manque de protection des lanceurs d’alerte du fait de l’absence d’une loi solide et protectrice devant sécuriser les citoyens, les journalistes ou les agents de l’État qui dénoncent les malversations financières.
Me Mboyo a également relevé comme défi le poids de l’informel et des secteurs à risque parce que les régies financières, la gestion des entreprises publiques et l’exploitation des ressources naturelles (mines, forêts) continuent de représenter des foyers majeurs de pertes des deniers publics en RDC.
S’agissant des perspectives d’avenir, il a proposé le renforcement du contrôle a priori par l’IGF, le vote du projet de la loi portant création d’un Tribunal pénal économique telle que envisagée par l’assemblée nationale, , la réactivation des leviers des contrôles financiers, le vote d’ une loi portant protection des lanceurs d’alertes, ainsi que sécurisation des experts et les témoins.
ACP/PL

