Kinshasa, 22 mars 2026 (ACP).– Un incident insolite, qui fait les tours des réseaux sociaux, s’est produit à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC ), lors de la remise d’une dot.
L’oncle de la famille qui a perçu l’argent, a refusé tout partage. Les proches, mécontents, l’ont enfermé dans la maison conduisant à des disputes. Sur base du code de la famille congolais, Me Charline Asifiwe, responsable d’une clinique juridique, a éclairé dimanche l’opinion sur ce dossier qui n’est pas un cas isolé dans cette ville.
Question 1: Existe-t-il une règle légale imposant un partage égal de la dot entre les familles ?
Me Charline Asifiwe : En droit congolais, le mariage coutumier ou la remise de la dot est une question de familles, conformément aux articles 361 et 362 du Code de la famille. Mais il n’existe pas d’articles spécifiques lié à la question du partage de la dot. Cette question peut être résolue en famille, car chaque famille a sa manière propre de partager la dot en cas du mariage coutumier de ses filles.
Lorsque le conflit persiste, la partie lésée peut saisir le parquet pour abus de confiance.En droit congolais, la dot est considéré avant tout comme un symbole que le futur époux (fiancé) verse à la famille de sa fiancée (future épouse). Le droit coutumier relève davantage d’une affaire entre deux familles, en des termes plus simples.
Question 2. Si le partage est coutumier, a-t-il une valeur juridique contraignante ?
Me Charline Asifiwe : La question de la dot ou de la valeur dotale se fait en fonction de la coutume de la fiancée ou future épouse. Dans la plupart de cas, la dot se conforme à la coutume de la jeune fille.
Mais aussi elle joue un autre rôle, celui du changement de famille, car désormais la future épouse portera le nom de son futur époux. Le partage de la dot dépend d’une famille à une autre, mais la dot ne peut être majorée ou réévaluée en cours du mariage.
C’est-à-dire que si la famille de la jeune fille avait demandé à l’homme 3 000 USD, elle ne peut plus, en cours du processus du mariage, lui demander 8 000 USD en lieu et place du premier montant, même si elle découvre que le futur époux est très riche.
Question 3. En cas de conflit lors du partage de dot comme le cas échéant, le recours à la justice est-il possible ?
Me Asifiwe : S’agissant du comportement de l’oncle, ils peuvent résoudre cela en famille par une résolution à l’amiable. Car avant tout, la dot est une affaire de deux familles.
Le cas échéant, si l’oncle persiste dans sa position, ils peuvent opter pour un deuxième choix, c’est-à-dire ester en justice pour abus de confiance. Donc, nous devons retenir que la dot en droit coutumier congolais est une institution à la fois juridique, sociale et symbolique. C’est à dire qu’elle sert à légitimer le mariage, à unir les familles , protéger les epoux et à reconnaître les enfants( la filiation ).ACP/C.L.

