Antilles : les descendants ‘‘kongos’’ revendiquent un héritage historique distinct de l’esclavage

Kinshasa, 21 juillet 2026 (ACP).- Les descendants des Africains appelés ‘‘Kongos’’ en Martinique et en Guadeloupe revendiquent un héritage historique distinct de l’esclavage, rappelant que leurs ancêtres étaient des travailleurs engagés sous contrat, selon le documentaire ‘‘Origine Kongo’’, visualisé mardi par l’ACP à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Consacré à cette page méconnue des relations entre l’Afrique centrale et les Antilles, le documentaire retrace l’arrivée, entre 1857 et 1862, de plus de 16.000 femmes, hommes et enfants originaires de plusieurs régions d’Afrique, notamment de l’ancien espace Kongo, recrutés après l’abolition définitive de l’esclavage en 1848 afin de répondre au besoin de main-d’œuvre dans les plantations de canne à sucre des Antilles françaises », a indiqué le plasticien guadeloupéen Joël Nankin, qui puise son inspiration dans ses racines kongos.

Selon lui, ces migrants arrivaient libres, munis d’un contrat de travail appelé ‘‘engagement’’. Marqué par les récits de sa grand-mère, Joël Nankin a affirmé avec conviction que ses ancêtres « n’étaient les esclaves de personne », mais des travailleurs libres ayant conservé leur dignité malgré les épreuves de l’exil.

Le documentaire met également en lumière la manière dont les descendants de ces engagés africains entretiennent le lien avec leur héritage culturel. En Martinique et en Guadeloupe, plusieurs familles continuent de préserver des traditions culturelles, spirituelles et linguistiques héritées de leurs ancêtres.

Parmi elles figure la famille Massembo, qui perpétue le « grap a Kongo », une cérémonie traditionnelle dédiée aux ancêtres.

Chaque 1er novembre, des chants en langue kikongo, transmis de génération en génération, sont interprétés en hommage aux disparus, illustrant la survivance de pratiques culturelles d’Afrique centrale dans la Caraïbe.

D’autres descendants, à l’instar de Sylvianne Kimboo, Éric Yokessa, Vanessa Guy-Toussaint ou Bernard Dendelé Leclaire, revendiquent leur appartenance à l’héritage kongo à travers la musique, les traditions agricoles, les recherches généalogiques ou les voyages vers les terres de leurs ancêtres en Afrique centrale.

Au-delà du récit familial, ‘‘Origine Kongo’’ met en évidence un pan encore peu connu de l’histoire du peuplement des Antilles françaises et souligne la permanence des liens historiques, culturels et spirituels entre les peuples de l’ancien Royaume Kongo et les sociétés caribéennes.

À travers ce documentaire, les descendants des engagés africains entendent réhabiliter la mémoire de leurs aïeux et rappeler que leur identité s’est construite autour de la liberté contractuelle, de la transmission culturelle et de l’attachement aux racines africaines, contribuant ainsi à enrichir le patrimoine historique commun entre l’Afrique centrale et les Caraïbes. ACP/NK/BA

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