L’art « Wata », perçu à Kinshasa comme un reflet authentique de la vie urbaine (Un peintre)

Kinshasa, 26 août 2025 (ACP).- L’art « Wata », un ensemble d’œuvres d’artistes populaires dont l’activité a un impact marqué sur la vie quotidienne en République démocratique du Congo, a été perçu mardi à Kinshasa comme un reflet authentique de la vie urbaine, par un peintre qui s’est confié à l’ACP.

«L’art « Wata » ou populaire est tout le contraire de l’art académique tel qu’il est parvenu au Congo par le biais de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa ou de l’école dite de Lubumbashi. Les ateliers sont généralement installés le long des grandes artères et les scènes reflètent la vie quotidienne», a expliqué Jonathan Kanku, peintre congolais.

«Plutôt dilettantes, ces watistes +artistes qui pratiquent le wata+ ne pratiquent donc pas un art issu de grandes traditions ou d’un folklore séculaire, mais produisent des œuvres candides avec ce caractère à la fois intime et reflétant la vie du peuple», a-t-il ajouté.

À son en croire, cette forme artistique est l’ensemble d’œuvres d’artistes populaires dont la présence et l’activité ont un impact marqué sur la vie des Congolais de condition modeste vivant en cités urbaines, principalement à Kinshasa.

«Les peintures de scènes de la vie quotidienne, dans les bars, sont très courantes : danseurs et buveurs sont représentés en situation de disputes, de flirt ou de scènes de jalousie (…)», a-t-il dit.

Il a aussi signifié que les peintures de scènes de la vie quotidienne dans les bars sont très courantes dans cet art populaire dans la capitale congolaise.

«Danseurs et buveurs sont représentés en situation de disputes, de flirt ou de scènes de jalousie (…). Des commentaires naïfs accompagnent l’image et confèrent à la toile un côté BD. Les thèmes bibliques, évangéliques et politiques sont aussi assez exploités», a décrit le peintre.

Il sied de noter que le courant watiste tire son nom de la divinité femme-poisson appelée « Mami Wata », la muse de la mère des eaux, apparue et vénérée en Afrique et au Congo au moment de l’arrivée des Blancs, et qui est devenue au fil du temps une source d’espérance en une vie meilleure, symbole de ces femmes libres qui effraient et fascinent à la fois.

Au Congo, elle était devenue, à l’époque de Mobutu et avec la montée du sida, l’un des thèmes dominants de cet art populaire congolais. Parmi les plus célèbres peintres populaires (qui refusent de se faire appeler « naïfs »), on compte Chéri Samba, Chéri Cherin, Moké, ainsi que Papa Mfumu’eto ou Bosoku Ekunde, ex-bédéiste et peintre de talent. Ce courant est aujourd’hui représenté par de jeunes artistes tels que J.-P. Mika ou Monsengo Shula.

ACP/ODM

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