Kinshasa, 12 août 2026 (ACP).- L’éclipse solaire, phénomène astronomique qui suscite l’émerveillement à travers le monde, a toujours été une occasion de revisiter les rapports entre la science moderne, les croyances traditionnelles et la mémoire culturelle, selon un chercheur congolais joint mercredi par l’ACP à l’occasion de son éventuelle apparition.
« Dans les sociétés congolaises anciennes, comme dans de nombreuses cultures africaines, les phénomènes célestes inhabituels, comme l’éclipse, pouvaient susciter l’étonnement, l’interrogation et parfois l’inquiétude », a expliqué l’historien Claude Ramazani, affirmant que « la disparition temporaire du Soleil, astre associé à la lumière, au temps, aux saisons et à la vie, pouvait être interprétée comme un événement exceptionnel nécessitant une lecture particulière ».
Selon lui, dans les traditions propres aux différentes communautés, un phénomène céleste inhabituel pouvait être perçu comme un signe, un avertissement ou le présage d’un changement important dans la vie de la collectivité.
Ces interprétations s’inscrivaient dans une conception du monde où les événements terrestres, la nature, les ancêtres et l’univers étaient souvent considérés comme interdépendants.
Ces représentations ne sauraient toutefois être attribuées indistinctement à l’ensemble des peuples de la RDC, dont les traditions, les langues et les systèmes de croyances sont particulièrement diversifiés.
Elles constituent plutôt des éléments de la mémoire culturelle qu’il convient d’étudier et de documenter avec rigueur.
« À l’époque contemporaine, l’astronomie apporte une explication scientifique précise à l’éclipse solaire. Celle-ci se produit lorsque la Lune se place entre la Terre et le Soleil et masque, totalement ou partiellement, la lumière solaire pour une partie de la surface terrestre », a dit M. Ramazani.
Il a indiqué que, de l’avis de certains Congolais, l’éclipse peut ainsi être appréhendée à la fois comme un phénomène scientifique et comme un événement culturel susceptible de raviver des récits, des souvenirs et des interrogations transmis entre générations.
Pour les spécialistes du patrimoine, cette rencontre entre savoir scientifique et mémoire ancestrale présente un intérêt particulier.
Elle offre notamment la possibilité de recueillir les récits liés aux phénomènes célestes auprès des détenteurs des traditions, afin de préserver une partie du patrimoine culturel immatériel de la RDC.
L’enjeu consiste moins à opposer la science et la tradition qu’à permettre leur coexistence dans un dialogue respectueux.
La science explique le mécanisme de l’éclipse, tandis que l’anthropologie et la culture permettent de comprendre la manière dont les sociétés humaines ont donné du sens à ce spectacle céleste.
L’éclipse solaire apparaît ainsi comme un miroir de l’évolution des sociétés, passant d’un phénomène autrefois entouré de mystère à un événement aujourd’hui expliqué par l’astronomie, mais qui continue de nourrir l’imaginaire, la curiosité et la réflexion culturelle. ACP/K.

