RDC : le scapulaire de Bakanja, symbole de résistance dans la mémoire congolaise

Kinshasa, 12 août 2026 (ACP).- Le scapulaire du Bienheureux Isidore Bakanja a été présenté comme un symbole de foi, de dignité et de résistance, à l’occasion de la célébration de sa fête liturgique, a expliqué mercredi à l’ACP, le directeur du Centre pastoral ‘‘Lindonge’’, à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).

« Le scapulaire qu’arborait Isidore Bakanja était celui de Notre-Dame du Mont-Carmel. Il l’a reçu le 6 mai 1906, le jour même de son baptême, et il constituait pour lui le signe tangible de sa consécration à la Vierge Marie, de son identité de chrétien et de son engagement baptismal », a expliqué l’abbé Aloïs Kondé.

Selon lui, le scapulaire occupait une place importante dans la vie du jeune catéchiste laïc, qui le portait constamment et l’associait à la prière quotidienne du chapelet.

Le directeur du Centre pastoral Lindonge a relevé que cet objet religieux est devenu indissociable de la mémoire de Bakanja en raison des persécutions qu’il a subies durant la période coloniale. Employé dans une exploitation de caoutchouc, le jeune catéchiste avait refusé de retirer son scapulaire malgré les injonctions de son supérieur.

« Le scapulaire est devenu l’attribut indissociable de Bakanja, car il est directement lié à son martyre. Son refus de l’enlever a montré qu’il assumait pleinement son identité chrétienne, malgré les violences qu’il a subies », a-t-il souligné.

Pour l’abbé  Kondé, le scapulaire dépasse aujourd’hui le seul cadre de la dévotion catholique pour s’inscrire dans la mémoire historique et culturelle de  la  RDC.

« Le scapulaire de Bakanja incarne une résistance pacifique, mais intraitable, d’un Congolais face à la cruauté et à l’abus de pouvoir du système colonial », a-t-il déclaré.

Il a également estimé que cette histoire illustre l’appropriation de la foi chrétienne par les Congolais, faisant de Bakanja une figure du laïcat engagé et un témoin de la dignité humaine.

L’abbé  a fait savoir que le Centre pastoral Lindonge contribue à la transmission de cet héritage auprès des jeunes, notamment à travers les catéchèses, les rassemblements et les mouvements de jeunesse catholique.

« Bakanja ne portait pas son scapulaire comme une amulette magique censée le protéger physiquement de la douleur, mais comme un engagement spirituel qui lui a donné le courage moral de pardonner », a-t-il précisé.

Dans cette perspective, le scapulaire est considéré par le directeur du Centre ‘‘Lindonge’’ comme un objet de mémoire permettant de relier l’histoire de l’évangélisation à celle de la période coloniale en RDC.

« Le scapulaire est une pièce majeure du patrimoine mémoriel de la RDC. Il relie l’histoire de l’époque coloniale à celle de l’évangélisation et symbolise la résilience face à la violence », a-t-il  conclu.

Isidore Bakanja, catéchiste congolais et martyr de la foi, a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 24 avril 1994. Sa fête liturgique est célébrée chaque le 12 août dans le calendrier carmélitain.

ACP/ S.A./ MN

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