RDC : la communauté ‘‘Pindi’’ appelée à préserver son identité culturelle

Kinshasa, 6 septembre 2026 (ACP).– Un appel à la préservation de l’identité culturelle des ‘‘Bapindi’’, peuple situé  principalement dans la province du Kwilu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancé lors d’un échange dimanche avec un descendant clanique, dans l’objectif de pérenniser son existence et son héritage ethnico-traditionnelle.

« Ma vision est de construire des ponts entre notre passé et notre avenir. Je ne veux pas que les Bapindi restent un souvenir glorieux du passé, avec nos masques exposés dans des vitrines étrangères. Je veux que nous soyons une force vivante et respectée dans le monde d’aujourd’hui», a déclaré prince Arnold Kufulula.

Il a expliqué que les rites d’initiation, les arts traditionnels, notamment les masques et sculptures, la langue, les structures de pouvoir traditionnel, ainsi que la musique, la danse, les tissus et les motifs constituent les principaux marqueurs de l’identité ‘‘Bapindi’’.

Toutefois, ce descendant  a relevé plusieurs menaces qui pèsent sur ce patrimoine, citant notamment la disparition progressive de la tradition orale, la perte des savoir-faire artistiques, l’urbanisation et l’exode des jeunes vers les grandes villes.

Selon lui, la langue ‘‘Bapindi’’ est également exposée à un affaiblissement progressif sous l’influence du français, du lingala, de l’anglais et d’autres langues utilisées dans l’éducation, les échanges commerciaux et la vie quotidienne.

« Chez nous, l’histoire ne se lit pas seulement, elle se raconte, elle se chante, elle se danse. Un conte n’est jamais juste un conte, il porte une leçon, un avertissement, une valeur que l’enfant absorbe naturellement. Les anciens jouent ce rôle sacré de gardiens de la mémoire, racontant qui nous sommes et d’où nous venons», a-t-il indiqué.

Il a estimé que la transmission de cette mémoire devait également s’adapter aux modes de communication actuels, particulièrement pour atteindre les jeunes générations. Dans cette perspective, il a évoqué le travail mené à travers l’univers ‘‘Isolele’’ et la bande dessinée Zaïre.

« Avec Zaïre et l’univers ISOLELE, je prolonge cette tradition orale sous une forme moderne, la bande dessinée, pour que les mêmes valeurs continuent d’être transmises dans un langage que les enfants d’aujourd’hui absorbent naturellement», a-t-il ajouté.

Le prince Arnold Kufulula a par ailleurs attribué aux autorités traditionnelles une responsabilité particulière dans la sauvegarde des coutumes. Celles-ci, a-t-il expliqué, restent les gardiennes des rites, de la mémoire collective et de l’organisation traditionnelle, tout en devant accompagner l’évolution de la culture dans le monde moderne.

Pour renforcer cette transmission, il a préconisé la documentation systématique des connaissances détenues par les anciens à travers des enregistrements audio et vidéo, la formation d’une nouvelle génération d’artisans et l’intégration des traditions dans les programmes éducatifs.

Le prince a également estimé que le faible intérêt apparent de certains jeunes pour les traditions de leurs ancêtres résultait moins d’un rejet de leur culture que d’un manque d’accès aux contenus permettant de la découvrir.

Le peuple  Bapindi constitue une communauté culturelle de la RDC dont le patrimoine repose notamment sur la tradition orale, les rites d’initiation, les expressions artistiques, la langue et les structures traditionnelles de gouvernance.

À travers ‘‘Isolele’’ et Zaïire, le prince héritier entend contribuer à la valorisation de cet héritage auprès des nouvelles générations, en associant les formes traditionnelles de transmission aux supports contemporains.

ACP/ SA (SP)

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