Kinshasa, 12 juillet 2026 (ACP).- La préservation des valeurs et lois coutumières par leur transcription écrite en République démocratique du Congo a été jugée dimanche à Kinshasa par le porte-parole des autorités coutumières de la province du Kwilu, lors d’un entretien, indispensable pour protéger l’identité culturelle et consolider le développement des communautés.
« La coutume est une règle de droit non écrite ou une pratique traditionnelle issue d’un usage général et répété au sein d’une société. Celle-ci est censée être valorisée et redynamisée au travers des écrits, car elle demeure le socle du développement », a soutenu Sa Majesté Mwaat Kang Diangand Kangund Kidinda, porte-parole des autorités coutumières de la province du Kwilu.
Le roi Mwaat Kang a indiqué qu’il a consacré un ouvrage de près de 600 pages au retour à l’authenticité spirituelle et ancestrale coutumière en République démocratique du Congo, à travers le cas de la chefferie indigène Kangu Diangand, dans le territoire de Gungu, province du Kwilu.
« J’ai rédigé ce livre pour réveiller une conscience culturelle qui cherche à effacer son identité. En tant que grand chef, j’ai le devoir de redynamiser la coutume qui est progressivement effacée par notre propre société », a-t-il expliqué.
Selon lui, cet ouvrage poursuit trois objectifs principaux : légitimer le pouvoir traditionnel à travers les 461 ans d’histoire de la chefferie Diangand, réaffirmer les valeurs de paix et la philosophie propre à cette institution coutumière, et protéger l’identité culturelle face aux effets de la modernisation et de l’oubli.
Passer de l’oralité à l’écriture
Le représentant des autorités coutumières du Kwilu a estimé aussi que la transcription des savoirs ancestraux constitue un moyen efficace de sauvegarder le patrimoine culturel.
« Lorsque nous passons de l’oral à l’écrit, nous donnons de la valeur et du respect à notre héritage. Redynamiser la coutume, c’est lui donner une force moderne afin qu’elle reste vivante pour les nouvelles générations », a-t-il souligné.
Comparant la coutume à un arbre solidement enraciné, il a affirmé que le développement durable d’une société ne peut être envisagé sans la préservation de ses fondements culturels.
« Comme un arbre tient debout grâce à ses racines, un peuple ne peut progresser durablement qu’en restant attaché à sa coutume », a-t-il déclaré.
Au cours de cet entretien, Mwaat Kang a déploré le recul des pratiques coutumières, particulièrement dans les centres urbains.
Selon lui, les parents transmettent de moins en moins les valeurs ancestrales à leurs enfants, ce qui entraîne une perte progressive des repères culturels. Il a également regretté que certains chefs coutumiers hésitent désormais à porter leurs insignes traditionnels, de peur d’être incompris ou stigmatisés.
Le chef coutumier a estimé que plusieurs règles et pratiques autrefois observées au sein des communautés disparaissent progressivement, faute de transmission entre les générations.
Fruit des témoignages recueillis auprès des anciens retraçant 461 années d’histoire de la chefferie Diangand, son ouvrage se veut, « un acte de sauvetage culturel urgent ». Il le présente comme une philosophie de paix universelle, un modèle de cohabitation harmonieuse, une richesse linguistique et protocolaire, ainsi qu’un véritable rempart contre l’oubli des traditions.
Licencié en droit et originaire de la famille Manda Kalung Ubole Lenge Kawaya, dans le secteur de Gungu, territoire de Gungu (Kwilu), Sa Majesté Mwaat Kang Diangand Kangund Kidinda est représentant et porte-parole des autorités coutumières du Kwilu.
ACP/L.

