Kinshasa, 11 septembre 2026 (ACP).- Un chercheur a décidé vendredi, lors d’un échange avec l’ACP à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC), d’écrire la biographie de l’artiste Charles Ndombasi Carlito, décédé aux États-Unis, en vue de rétablir la vérité sur son parcours, face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux.
« J’annonce la publication prochaine d’une biographie consacrée au défunt artiste, qui devrait notamment retracer ses origines familiales, le parcours de ses parents, leur séjour à Kimpese et Bangu, ainsi que leur passage à Kinshasa, notamment dans la commune de Ngaba », a déclaré Franklin Mokho, chercheur en histoire contemporaine.
« Il faut rétablir la vérité historique sur le parcours de Charles Ndombasi Carlito et préserver sa mémoire artistique contre les informations erronées diffusées sur les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.
M. Mokho a affirmé avoir connu Charles Ndombasi Carlito en 1978, au sein de l’orchestre « Les Bourgeois », dirigé par Odilon Ngonda Mambu et dans lequel évoluait notamment Emeneya.
Selon lui, certaines publications apparues sur les réseaux sociaux après l’annonce du décès de l’artiste lui attribuent une carrière de « célèbre couturier à Matadi » ou de « tailleur professionnel » avant son entrée dans la musique.
Le chercheur a rejeté catégoriquement ces affirmations, qu’il considère comme contraires aux résultats de ses recherches menées à Matadi entre 2018 et 2020.
Franklin Mokho a dit qu’il s’est appuyé sur une conversation avec Charles Ndombasi Carlito au début des années 2018, ainsi que sur ses investigations dans la localité de Bangu, où le musicien est né en 1961.
« Je persiste et signe que Carlito n’a jamais été, ni de près ni de loin, une célébrité couturière à Matadi, Kinshasa ou ailleurs avant de se consacrer à la musique », a-t-il insisté.
Ces recherches s’inscrivent également dans le cadre de son ouvrage de 500 pages intitulé « Pionniers et bâtisseurs angolais inconnus au Congo belge, reconnaissance tardive d’une présence fondatrice », dans lequel il entend documenter certaines trajectoires familiales et historiques longtemps restées méconnues.
La couture à Matadi, un autre pan de l’histoire à documenter
Pour le chercheur, la confusion est d’autant regrettable que Matadi possède une importante histoire dans le domaine de la couture.
Il a affirmé que la ville portuaire a vu évoluer, entre 1930 et la fin des années 1990, de nombreux noms associés à la haute couture.
Il a cité notamment Joao Kapitao, Papa Tailleur, Menga Ndombasi, Luisak, André Zoao, Jean Tailleur, Vieux Tigre et Deguerin, parmi les professionnels ayant marqué cette période.
M. Mokho estime qu’aucun élément issu de ses recherches ne permet d’associer Charles Ndombasi Carlito à cette tradition de la haute couture matadienne.
Cette version est également contestée, selon lui, par certains anciens amis d’enfance et compagnons de l’orchestre « Les Bourgeois », notamment Derval Chic Shewa Ndoulema et Chic Shewahewa, présentés comme d’anciens musiciens de cette formation de la commune de Kinshasa.
Pour Franklin Mokho, la diffusion d’informations non vérifiées sur la vie des artistes disparus constitue un risque pour la mémoire collective et pour l’écriture de l’histoire culturelle de la République démocratique du Congo.
Il a plaidé pour une démarche fondée sur les témoignages, les archives et les recherches de terrain afin de restituer avec exactitude le parcours de Charles Ndombasi Carlito et de préserver son héritage artistique pour les générations futures. ACP/K

