Kinshasa, 27 mai 2026 (ACP).- Près de 300 Ghanéens ont quitté mercredi le sol sud-africain tôt dans la matinée face à la recrudescence de tensions xénophobes ces derniers mois et la multiplication des manifestations violentes, dans un vol de rapatriement organisé par Accra, ont rapporté les medias internationaux.
«Sur les 300 premiers ressortissants enregistrés, près de la moitié sont ici de façon légale. Et sur le reste, environ 60% ont envoyé leurs documents aux autorités pour des renouvellements, mais sans réponse », a déclaré Benjamin Quashie, Haut-commissaire pour les pays du Commonwealth.
« S’il reconnait des défaillances institutionnelles, « l’approche adoptée pour les résoudre n’est pas la bonne », a-t-il précisé.
Beaucoup redoutent l’ultimatum du 30 juin posé par les organisations qui manifestent contre l’immigration illégale, et les violences qui pourraient se produire ensuite.
Ces dernières semaines, une vague xénophobe et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant un Ghanéen être pris à partie dans la rue par des militants, ont décidé certains ressortissants du pays d’Afrique de l’Ouest à plier bagage et à accepter l’offre faite par leur gouvernement de les ramener chez eux.
« C’est pourquoi la cour de l’ambassade a été transformée en centre d’enregistrement. Plus de 800 demandes de rapatriement ont déjà été déposées, alors qu’environ 16 000 Ghanéens vivent en Afrique du Sud », a ajouté Benjamin Quashie.
« Il y a des Ghanéens cloîtrés chez eux, qui ne peuvent plus travailler depuis trois semaines, d’autres qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école », s’alarme un homme prénommé Ben.
Mustapha, 36 ans, s’était établi comme chauffeur à Pretoria. Père d’un enfant de trois ans, il considère que son devoir est de « protéger sa famille ». « Depuis que je suis arrivé, en 2013, j’ai bien vu que des attaques xénophobes se déroulaient régulièrement. Donc quand ils disent qu’ils vont passer à l’action, je les crois », observe le trentenaire.
Le chef de la diplomatie sud-africaine met toutefois en garde contre les fausses informations et les attaques visant son pays, rappelant que, pour l’instant, aucun Ghanéen n’a été tué lors des récentes manifestations. De son côté, le secrétaire général de l’ANC a évoqué mardi 26 mai l’idée d’établir des quotas migratoires et a mis en garde les entreprises qui emploient des étrangers en situation irrégulière.
ACP/UKB

