Kinshasa, 22 mai 2024 (ACP).- Le ministre sénégalais des Affaires étrangères a annoncé vendredi que Dakar avait de «fortes chances» de prendre la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), alors que le mandat du président sierra-léonais Julius Maada Bio arrive à échéance dans les prochaines semaines, ont informé les médias internationaux.
«Il y a de fortes chances que le Sénégal assure pour l’année qui vient la présidence en exercice de la Cédéao», a déclaré Cheikh Niang, chef de la diplomatie sénégalaise.
Cette déclaration qui prend tout son relief au regard de la présidence de la Commission de l’organisation déjà décrochée par Dakar en décembre 2025.
Le chef de la diplomatie sénégalaise, a fait savoir que Dakar entendrait mettre cette position au service de la gestion de la crise malienne et de la mobilisation du soutien international en faveur du Mali.
Cette perspective intervient dans un contexte où le Sénégal occupe déjà une place stratégique au sein de l’organisation ouest-africaine.
En décembre 2025, lors de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Abuja, Dakar avait obtenu la présidence de la Commission de la Cédéao pour le mandat 2026-2030, une première pour le pays.
Le Sénégal succédera ainsi au diplomate gambien Omar Alieu Touray à la tête de l’organe exécutif de l’institution régionale.
Les autorités sénégalaises avaient alors salué le rôle du président Bassirou Diomaye Faye, dont les orientations diplomatiques auraient contribué à ce succès.
Si la présidence tournante de la Conférence des chefs d’État venait à revenir au Sénégal, le pays cumulerait alors la direction politique et exécutive de l’organisation régionale.
Le président Bassirou Diomaye Faye prendrait dans ce cas le relais de Julius Maada Bio, désigné président en exercice lors du 67e sommet de la Cédéao tenu le 22 juin 2025.
Cette double responsabilité placerait Dakar au centre des principaux dossiers de l’organisation, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires au Sahel, les tensions avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) -le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ayant quitté la Cédéao en 2024-, ainsi que les interrogations persistantes sur l’autorité et l’avenir de l’organisation sous-régionale. ACP/KK

