Droits sexuels : les risques des grossesses non désirées expliqués aux jeunes ambassadeurs

Kinshasa, 25 septembre 2026 (ACP).-Les risques des grossesses non désirées et des avortements clandestins, ont été expliqués aux jeunes ambassadeurs des droits sexuels et reproductifs (DSRR), lors d’un briefing organisé vendredi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre du microprojet « La jeunesse face aux droits sexuels et reproductifs ».

« Les jeunes filles et garçons qui commencent précocement les rapports intimes ont parfois plusieurs partenaires et recourent aux rapports non protégés, ce qui les expose aux infections sexuellement transmissibles (IST) et aux grossesses non désirées », a déclaré Annie Ngoie, présidente de l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (Acoldemha).

Elle a cité parmi les principales causes des grossesses non désirées le manque d’éducation sexuelle, les mariages précoces, particulièrement en milieu rural, la pauvreté, les violences sexuelles et l’accès restreint aux méthodes contraceptives.

Selon Mme Ngoie, ces grossesses peuvent, notamment entraîner l’abandon des études, la stigmatisation et le rejet familial, ainsi que la perpétuation de la précarité, avant d’appeler les jeunes à adopter une sexualité responsable.

Les causes des avortements clandestins

En outre, Ramazani Acha, co-formatrice, a indiqué que la peur du partenaire, des parents, de l’abandon des études ou encore des moqueries dans le milieu social pousse certaines jeunes filles enceintes à recourir aux avortements clandestins.

« Il faut assumer ses responsabilités en cas de grossesse non désirée en évitant de recourir aux avortements clandestins, qui peuvent mettre en danger la vie de la jeune fille », a-t-elle conseillé.

Elle a relevé que les avortements pratiqués dans des conditions non médicalisées peuvent provoquer des complications graves, notamment des hémorragies, susceptibles d’engager le pronostic vital et d’entraîner d’autres conséquences sur la santé reproductive.

La co-formatrice a également rappelé les dispositions de l’article 14 du Protocole de Maputo, ratifié par la RDC, qui prévoit l’accès à l’avortement médicalisé dans des circonstances déterminées, notamment en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale grave ou de danger pour la vie ou la santé physique ou mentale de la femme.

Appel à l’utilisation de l’application Nurse Nisa

Par ailleurs, les jeunes ont été informés de l’existence de l’application « Nurse Nisa » qui permet d’obtenir des informations sur la contraception, l’avortement et les violences basées sur le genre (VBG)

Les participants ont enfin été orientés vers des centres d’excellence appuyés par Ipas, où ils peuvent bénéficier de services de planification familiale et, dans les conditions prévues, de services d’avortement sécurisé.

L’Acoldemha est une association qui mène des actions en faveur des droits et de l’inclusion des personnes handicapées, notamment des femmes et des filles. Elle intervient dans la sensibilisation communautaire par rapport aux droits sexuels et reproductifs, la prévention des VBG et l’accès aux services essentiels. ACP/ WAL MY/PN

Fil d'actualités

Sur le même sujet