Kinshasa, 11 août 2026 (ACP).- Les femmes congolaises ont été invitées mardi à passer de la simple revendication de leur participation à l’organisation concrète de leur présence dans le mécanisme de paix, lors du forum national des femmes pour la paix durable et inclusive, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
«Le moment est venu de passer de la simple revendication de notre participation à l’organisation concrète de notre présence dans les mécanismes de paix. Car notre inclusion n’est ni une faveur, ni une concession. Notre inclusion est une exigence de justice, une nécessité démocratique et surtout une condition reconnue de l’efficacité et de la durabilité des processus de paix», a déclaré Micheline Ombae, ministre du Genre, famille et enfant.
«Nous ne devons plus accepter que d’être présentes uniquement dans les cérémonies, les consultations périphériques ou les espaces de sensibilisation, alors que les décisions fondamentales se prennent ailleurs», a-t-elle ajouté.
La ministre a rappelé que la RDC a connu plusieurs initiatives et processus de négociation, celles-ci devraient, selon elle, interpeller les femmes à tirer des leçons du passé pour que leur participation ne connaisse plus de recul.
«Notre pays a connu plusieurs initiatives et processus de négociation, notamment : Nairobi 1, 2 et 3, le processus de Luanda, de Doha et de Washington, l’analyse de ces différents processus nous interpelle. Nous devons tirer les leçons du passé et faire en sorte que la participation des femmes ne connaisse plus de recul, mais qu’elles deviennent progressivement une réalité incontournable dans tous les mécanismes de dialogue, de médiation et de résolution des conflits » a-t-elle martelé.
«Notre diversité ne doit pas être une faiblesse, elle doit devenir une force, car la paix, la promotion et la protection de nos droits n’ont pas d’appartenance politique», a-t-elle dit, avant de lancer un appel à l’unité pour la paix aux femmes congolaises.
«Je lance aujourd’hui un appel solennel à toutes les femmes congolaises. Unissons-nous pour la paix. Organisons-nous pour la paix. Engageons-nous pour la paix. Et surtout, exigeons notre place à la table où se construit la paix», a-t-elle invité.
La patronne du Genre en RDC a, cependant, demandé aux femmes d’avoir des comités représentatifs et de négociation capables de porter les aspirations des femmes auprès des différents acteurs du processus de paix.
«Nous devons avoir une dynamique permanente permettant aux femmes de toutes les provinces et de toutes les catégories sociales de faire remonter leurs préoccupations, et leurs propositions vers les instances nationales. Notre engagement ne doit pas être seulement déclaratif, il doit se traduire par des propositions concrètes, une stratégie commune et une capacité collective de plaidoyer», a-t-elle soutenu.
En outre, elle a souhaité, à l’issue de ce forum, que les femmes puissent avoir un cahier des charges, c’est-à-dire améliorer les cahiers des charges déjà élaborés.
«Je vous invite donc à dépasser les clivages, à mutualiser nos expériences et à faire de ce forum un véritable espace de construction d’une voie collective des femmes congolaises pour la paix. Que chacune de nous accepte de faire de la paix une responsabilité personnelle mais aussi collective, que chacune de nous devienne une ambassadrice de paix, du dialogue et de la cohésion nationale», a-t-elle insisté.
Les femmes congolaises ont enfin été convié à faire de leur diversité une richesse, de leur unité une force et de leur engagement un instrument de paix.
Le forum national des femmes pour la paix dure et inclusive sera clôturé le mercredi 12 août à Kinshasa. Il a été organisé par le ministère du Genre, famille et enfant.
ACP/ A/ B/Mok

