Kinshasa, 3 juillet 2026 (ACP).- Un plaidoyer pour des réformes constitutionnelles destinées à favoriser un accès plus effectif des jeunes aux postes de décision en République démocratique du Congo a été formulé, vendredi, par un professeur d’université, lors d’un débat organisé à Kinshasa par le Conseil nation de la jeunesse (CNJ).
«Lorsqu’il s’agit d’occuper les plus hautes responsabilités publiques, la jeunesse demeure encore trop souvent spectatrice. Ce constat ne constitue ni une accusation contre une génération, ni une revendication corporatiste. Il pose une question autrement plus fondamentale : comment une démocratie peut-elle prétendre préparer son avenir lorsqu’elle peine encore à associer pleinement sa jeunesse à la conduite des affaires publiques ?», s’est interrogé le professeur Grâce Muwawa, dans sa communication scientifique présentée lors de ce débat.
«Quelles réformes constitutionnelles permettraient de favoriser un accès plus effectif des jeunes aux postes de décision tout en consolidant durablement la stabilité de la République démocratique du Congo ?», a-t-il renchéri.
Selon lui, la question de l’accès des jeunes aux responsabilités publiques dépasse le simple débat générationnel et touche au fondement même de la stabilité de l’État.
Pour corriger ce déséquilibre qui veut que, bien que la population congolaise soit majoritairement jeune, cette composante demeure encore insuffisamment représentée dans les espaces de décision politique, administrative et institutionnelle, le Pr Muwawa a proposé plusieurs pistes de réformes constitutionnelles.
Parmi celles-ci figure la reconnaissance de la participation des jeunes comme un principe à valeur constitutionnelle, obligeant l’État à favoriser leur accès progressif aux responsabilités publiques sur la base du mérite, de la compétence et de l’intérêt général.
Le conférencier a également plaidé pour la constitutionnalisation du renouvellement des élites publiques afin de prévenir la concentration durable des responsabilités entre les mêmes catégories d’acteurs.
Consécration du mérite comme principe constitutionnel
Par ailleurs, le Prof. Muwawa a insisté sur la nécessité de consacrer le mérite comme principe constitutionnel d’accès aux fonctions publiques, estimant que la promotion des jeunes ne devait pas être réduite à une logique de quotas.
«Il serait dangereux de réduire la question de la jeunesse à une simple logique de quotas. L’âge ne saurait devenir un titre de compétence. Ce qui fonde la légitimité de l’accès aux responsabilités publiques demeure le mérite», a-t-il dit.
Dans ce sens, il a proposé une proposition de formulation d’un éventuel article de la Constitution qui irait comme suit : «l’accès aux fonctions publiques s’effectue sur la base du mérite, de la compétence, de l’intégrité et de l’égalité des chances. L’État veille à supprimer les obstacles susceptibles de compromettre l’accès des jeunes qualifiés aux responsabilités publiques».
M. Muwawa a également recommandé le renforcement de la démocratie interne des partis politiques, l’institution d’un Conseil supérieur de la jeunesse à valeur constitutionnelle, ainsi qu’un renforcement de l’éducation civique des citoyens.
Pour lui, l’objectif de ces réformes n’est pas de construire une «République des jeunes», mais une République capable d’intégrer pleinement toutes les générations dans la gouvernance publique.
«Les jeunes ne demandent ni privilège, ni faveur. Ils demandent que la République leur fasse confiance», a-t-il conclu. ACP/Munkiba/Mbuyi

