Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- Des mesures pour structurer les titres publics en République démocratique du Congo, notamment les bons et obligations du Trésor, afin d’attirer un plus grand nombre d’investisseurs, tant institutionnels qu’individuels, ont été formulées jeudi, lors d’une conférence organisée à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Attirer les ressources vers les secteurs formels constitue en réalité une lutte acharnée depuis des années. Mais il y a quand même des facteurs qui peuvent être cités comme des opportunités. Récemment, on a vu le mobile money, des services qui peuvent permettre aussi aux agents économiques d’aller vers une certaine forme d’inclusion financière. Et de ce point de vue, ce sont des encouragements qui peuvent être effectivement capitalisés », a fait savoir le professeur Claude Sumata, un des orateurs.
« Les entreprises doivent être à même de donner des éléments qui puissent leur permettre justement de jouer un rôle dans ces dynamiques. Ouvrir leur capital constitue en réalité un besoin majeur. Ça ouvre des perspectives aux entreprises. La question fondamentale, c’est de mettre en place des structures qui puissent être attractives. Et de ce point de vue, l’amélioration du climat des affaires constitue une nécessité impérieuse pour permettre un renversement des tendances, pour que les gens puissent avoir, en fait, foi en cette entreprise », a-t-il ajouté.
Intervenant sur les limites du système bancaire, le doctorant et expert financier Baraka Bofale a démontré, de son côté, que l’encours de crédit prend quasiment 60% des dépôts, et qu’il n’est pas distribué de manière équitable.
« Le défi des demandes n’est plus de financer l’État, mais de rassurer les banques pour réorienter ces 40% d’épargne dormante vers les crédits au secteur privé, véritable moteur du développement. Donc, non seulement qu’il y a un travail à faire pour la diversification de ces financements, qu’on ne reste pas que sur les titres, qu’on ne reste pas que sur les 60% accordés aux grosses boîtes, mais que nous puissions aussi transiter et évoluer vers un financement beaucoup plus diversifié », a soutenu M. Bofale.
Pour sa part, le professeur Bona Kabamba s’est appesanti sur la diversification accrue des ressources et la réduction de la dépendance extérieure qui, selon lui, constituent une opportunité stratégique pour financer l’État congolais et renforcer la stabilité économique.
« Il y a possibilité de diversification accrue et de réduction de la dépendance extérieure. Aujourd’hui, nous sommes encore trop dépendants du financement extérieur, mais avec cette ouverture, nous pourrons avoir des investisseurs internes et réduire cette dépendance. Le marché des titres en RDC est une opportunité stratégique pour financer l’État et renforcer la stabilité économique.
Toutefois, son succès dépendra de la mise en œuvre effective des réformes de transparence, de diversification et de gouvernance. Mais les règles de transparence nous obligent aussi à retracer alors régulièrement toutes les opérations financières de l’État », a-t-il argumenté.

Photo de famille
Martelant sur la transparence financière et la fiscalité des titres en RDC, l’expert financier Muka Mars a mis un accent particulier sur l’obligation pour les entités et acteurs de produire de l’information financière mettant en confiance les investisseurs.
« Les entités et les acteurs doivent produire de l’information financière qui doit permettre aux investisseurs d’investir dans le marché financier. Mais il faudrait qu’en lisant cette information financière, cette dernière ait un caractère de régularité. Pour que l’information financière produite par les entités puisse rencontrer les attentes des investisseurs, elle doit être produite sur base de la régularité, de la sincérité et de la comparabilité. Lorsqu’une information financière est produite, qu’elle ne sert pas de comparabilité entre les entités, entre les différentes offres, entre les différentes émissions sur le marché, on dira que cette information financière est irrégulière », a fait comprendre l’expert financier.
La conférence sur le marché des titres en RDC a eu pour thème : « Enjeux structurels, perspectives de structuration et rôle dans le financement durable de l’économie ». ACP/JF

