Trois questions au Professeur Mutach Yav, Politologue

Kinshasa, 04 février 32024 (ACP).- Les enjeux politiques de l’heure en République démocratique du Congo appellent à approcher une source fiable pour décrocher un meilleur point de vue notamment sur le processus électoral en cours et le premier gouvernement du second quinquennat en gestation.

Aussi l’ACP a-t-elle approché le politologue Rish-Naw Mutach Yav, professeur à l’Université de Kinshasa où il est chef du département des Sciences politiques et administratives à la Faculté des sciences sociales, politiques et administratives.

Le Professeur Mutach Yav dispense les cours suivants : « Systèmes politiques comparés », « Rédaction et correspondance administrative » et « Histoire politique de la République démocratique du Congo ».

Question 1 : Au regard du quatrième cycle électoral qui a atteint à ce jour le niveau des contentieux, pouvez-vous nous faire, en politologue, une brève analyse?

Professeur Mutach Yav : « Tout processus a ses points forts et faibles, parfois l’un prend le dessus sur l’autre. Le processus électoral actuel n’a pas été sanctionné de coupures d’internet, des violences exagérées post-électoraux, donc il y a eu un atterrissage en douceur. Ça, c’est néanmoins un point positif. Il y a des réalités aussi qui font que la nature même du processus électoral soit entachée de risques : quand on crie par ici et par là de la manipulation de la machine à voter, de la tricherie exacerbée par la Céni qui a invalidé, à tort ou à raison. C’est à la justice de nous en dire plus.Le processus électoral est un exercice démocratique que nous allons acquérir progressivement partant de l’expérience. Après chaque échéance, il y aura des améliorations en se servant du passé pour construire l’avenir. Le vrai problème avec les Congolais, c’est que quand on fait table rase, on pense que ce qui est passé est mauvais et qu’on doit repartir sur de nouvelles bases. Non, il faut toujours s’inspirer de ce qui s’est passé, en tirer les dividendes, construire le présent et envisager l’avenir ».

Question 2 : Beaucoup de dérapages ont été dénoncés, à tort ou à raison, quant au déroulement du processus électoral congolais. Avez-vous des propositions pour l’après-quatrième cycle ?

Professeur Mutach Yav : « Il y aura tjrs des tricheurs, la solution est d’améliorer le vécu quotidien de la population. Actuellement tout le monde sait que l’argent facile se trouve dans le secteur politique. Que le gouvernement améliore les conditions de vie de sa population, de sorte que chacun se sente en sécurité, et nous verrons le nombre de candidats diminuer. Il faudrait également essayer de réduire le train de vie des députés, ce qui est la mesure la plus efficace et à cela s’ajoute l’organisation électorale par le ministère de l’Intérieur (bien équipé) comme sous d’autres cieux, au lieu d’une structure dont les animateurs sortent de la volonté des politiques et sont issus du résultat d’un compromis des politiques. Il faudrait également alimenter la confiance et le respect de la loi auprès de la population, afin de bannir la crise de confiance de celle-ci face aux institutions de la République. Enfin, il faudra tenir compte du profil des dirigeants : « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Que les dirigeants soient placés selon leurs compétences ».

Question 3 : Y a-t-il des manquements à déceler dans la loi électorale congolaise?

Professeur Mutach Yav : « Nous avons la même personne « candidat chef de l’Etat », la même personne « candidat député national », la même personne « candidat provincial » et il manquerait qu’elle soit « conseiller municipal ». La République a combien d’habitants ? Les gens doivent apprendre et la loi doit nous éclaircir sur cet aspect. On choisit une seule institution et on laisse la place aux autres.2ème chose, on choisit comme candidats suppléants, sa femme, son enfant etc. La loi doit nous aider à éviter ça.Il y a eu beaucoup de plaintes à propos du seuil, je pense qu’on doit revoir ça. On ne doit pas copier des choses simplement parce que ça se fait ailleurs. On doit voir aussi la réalité locale. Si votre parti politique n’a pas atteint le seuil, on prend quelqu’un qui a moins de voix (…). Adoptons ce qui est faisable pour notre pays. Changeons de cap, c’est pas sorcier ».ACP/

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