Ebola à Beni : la sensibilisation de proximité adoptée comme remède contre les rumeurs

Beni, 24 août 2026 (ACP).- La sensibilisation de proximité a été adoptée comme remède  contre les rumeurs sur Ebola au terme des séances animées lundi à l’intention des femmes et taximen motards de Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP des sources sanitaires.

 « Les femmes et les hommes sensibilisés à Ngongolio et à Ntoni ont choisi d’adopter une approche de sensibilisation de bouche-à-oreille, en particulier pour les chauffeurs de taxi-motos lorsqu’ils transportent leurs clients. Nous avons eu des échanges constructifs concernant la maladie à virus Ebola et les mesures de prévention. Les participantes ont partagé des recommandations et des retours de la communauté que j’ai pu recueillir face à la persistance des rumeurs », a déclaré Mme Kavugho Katsongeri, relais communautaire dans les quartiers de la commune de Mulekera.

Selon elle, la méfiance envers la riposte et les perceptions contradictoires de la maladie à virus Ebola constituent des défis majeurs pour la lutte contre la 17e  épidémie dans la ville de Beni.

Cette approche vise à rapprocher les messages de prévention de la population et à créer plusieurs relais capables de transmettre des informations fiables au sein de la communauté.

Lors de deux activités de sensibilisation organisées dans le quartier Ngongolio, les femmes participantes ont exprimé librement leurs préoccupations, leurs perceptions et les difficultés qui alimentent la méfiance à l’égard de la riposte.

Des perceptions erronées, freins à la riposte

Parmi les principales problématiques soulevées figure la circulation de perceptions erronées autour de l’épidémie car certaines femmes interrogées considèrent Ebola comme une opportunité commerciale, une perception communément désignée sous le terme « d’Ebola business ». 

D’autres associent plutôt l’épidémie à une forme de massacre, dans une ville de Beni déjà durement éprouvée par les atrocités attribuées aux terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF).

Pour le relais communautaire, cette situation risque d’alimenter la défiance et de compliquer l’adhésion de la population aux mesures de prévention, alors même qu’une partie de la communauté reconnaît l’existence de la maladie dans la région, notamment à Beni et à Butembo.

Pour répondre à cette problématique, Mme Kavugho a dit privilégier le dialogue direct avec les communautés, afin de permettre aux habitants d’exprimer leurs craintes et d’obtenir des explications susceptibles de corriger les perceptions fondées sur des rumeurs. ACP/KJ/kms

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