Kinshasa, 19 août 2026 (ACP).–Le paludisme demeure jusqu’à ce jour un problème majeur de santé publique en République démocratique du Congo, selon un chercheur dans sa thèse intitulée : « Défis de l’élimination du paludisme face à l’incommunication en RDC », consultée mercredi par l’ACP.
« La RDC vient juste après le Nigeria en termes de morbidité et de mortalité dues à cette maladie qui y sévit de façon endémique ; les deux États pèsent pour près de la moitié du fardeau mondial du paludisme. « Maladie communicationnelle par excellence », le paludisme demeure jusqu’à ce jour un problème majeur de santé publique en RDC à la suite de son expansion, de ses énormes dégâts et de ses effets pervers, donc de sa prévalence et de son incidence », a déclaré M.Michel Itabu, auteur de la thèse.
« Conséquence, la RDC est souvent classée parmi les huit pays les plus touchés par cette endémie dans les différents rapports publiés annuellement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et ce, malgré le déploiement massif de campagnes de sensibilisation, d’interventions et de moyens qui ont permis à d’autres États du monde d’obtenir leurs certificats d’élimination ou d’exemption du paludisme », a-t-il ajouté.
Le Dr Pagès, cité dans cette recherche, considère le paludisme comme « une maladie fermée », c’est-à-dire que « son agent étiologique est en quelque sorte prisonnier dans le corps de l’homme et ne peut s’en évader par les différentes sécrétions ou excrétions (mucus rhino-pharyngé, urines, selles) comme le font de nombreux microbes ou virus ».
« Cela étant, une conduite à tenir est recommandée aux professionnels de santé lorsqu’ils se trouvent devant un cas de fièvre aiguë », a-t-il dit.
La vente d’antipaludiques contrefaits, un défi majeur
Selon la même thèse soutenue en vue de l’obtention du titre de docteur en Sciences de l’information et de la communication (SIC), la vente de médicaments antipaludiques contrefaits constitue l’un des principaux défis communicationnels de la lutte contre le paludisme en RDC.
L’auteur a levé le voile sur les obstacles communicationnels qui fragilisent la lutte palustre en RDC, citant notamment la vente et la fabrication de faux antipaludiques.
Le chercheur a également épinglé d’autres faiblesses, parmi lesquelles la faible allocation budgétaire accordée à la santé par rapport à l’ampleur de la maladie, la minimisation du paludisme par la population, le non-respect des cycles de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII), ainsi que la distribution de moustiquaires non imprégnées ou à l’efficacité douteuse.
La Journée mondiale du moustique commémore la découverte historique du Dr Ronald Ross en 1897. Ce dernier avait démontré que les moustiques femelles du genre Anophèle sont responsables de la transmission du paludisme à l’être humain. Elle offre l’occasion de rappeler l’importance des efforts collectifs pour limiter la propagation des maladies vectorielles et protéger les populations les plus vulnérables.
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