Kinshasa, 19 août 2026 (ACP).– Le manque d’assainissement et le climat tropical accentuent fortement la prolifération des moustiques à Kinshasa(RDC), en République démocratique du Congo a expliqué mercredi à l’ACP un expert en environnement à l’occasion de la Journée mondiale du moustique, célébrée le 20 août de chaque année.
« Les réalités environnementales accentuent fortement la prolifération des moustiques et permettent la transmission du paludisme à Kinshasa. Les milieux favorisant les moustiques sont, entre autres les eaux stagnantes (mares, flaques, bidons ouverts et pneus usagés), l’humidité élevée, le climat chaud et pluvieux qui accélère le cycle de reproduction, mais aussi le manque d’assainissement, notamment les caniveaux bouchés, l’accumulation de déchets, etc. », a déclaré le Prof.Dr Pierre Albert Ngueliele, expert environnementaliste.
Il a fait savoir que pour éviter leur prolifération et protéger les enfants ainsi que les femmes enceintes, il faut assécher ces gîtes larvaires, utiliser des moustiquaires imprégnées et renforcer la sensibilisation communautaire.
Le paludisme reste une menace majeure en Afrique et est responsable de graves complications maternelles et infantiles. On enregistre une forte mortalité chez les enfants de moins de 5 ans causée par l’anémie et le retard de croissance.
Chez les femmes enceintes, il existe des risques de fausses couches, de prématurité, d’anémie sévère, ainsi que de mortalité maternelle et néonatale.
« Les moyens de prévention du paludisme sont notamment les moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MII-LDA), le traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes, la pulvérisation intra-domiciliaire dans les zones à haut risque, ainsi que le diagnostic et le traitement rapides pour limiter la transmission. Un environnement propre sauve des vies. Assainissons nos maisons et nos quartiers, utilisons les moustiquaires imprégnées et protégeons nos enfants et nos mamans contre le paludisme », a-t-il ajouté.
« Un environnement sain sans moustiques se définit par un cadre de vie où les conditions propices à leur reproduction sont éliminées. Cela suppose une gestion rigoureuse de l’eau, des déchets et de l’hygiène collective. Un tel environnement ne se limite pas à la lutte contre les moustiques : il reflète une culture de santé publique et de responsabilité citoyenne. En assainissant les quartiers, on réduit non seulement le paludisme mais aussi d’autres maladies liées à l’insalubrité (diarrhées, typhoïde). C’est une approche intégrée où la prévention sanitaire devient un levier de développement durable et de bien-être social », a poursuivi l’expert.
Le professeur Ngueliele a recommandé à la population d’assainir l’environnement en vidant ou en couvrant les récipients d’eau, en curant les caniveaux et en éliminant les déchets qui retiennent l’eau.
Il préconise aussi de protéger les habitations par des moustiquaires aux fenêtres, de procéder à des pulvérisations d’insecticides et de mobiliser la communauté à travers des actions collectives de nettoyage et de sensibilisation.
Il sied de rappeler que le moustique est un insecte volant de l’ordre des Diptères (insectes à deux ailes), de la famille des Culicidés.
Il possède un corps allongé, des pattes fines, de longues antennes, des ailes couvertes d’écailles et des pièces buccales constituées d’une trompe rigide de type piqueur-suceur. La femelle (Anophèle) se nourrit de sang grâce à cette trompe spécialisée, ce qui en fait un vecteur majeur de maladies comme le paludisme, la dengue ou la fièvre jaune. ACP/K/D

