Kinshasa, 20 août 2026 (ACP).- Le projet dénommé « fleuve Congo sans Ebola » a été lancé jeudi à Kinshasa en République démocratique du Congo, au cours d’une cérémonie, afin de renforcer la surveillance sanitaire et la riposte contre cette maladie le long du corridor fluvial du Congo.
« Le projet « Fleuve Congo sans Ebola » vise à renforcer les capacités de prévention, de surveillance, de détection précoce et de riposte rapide contre la maladie à virus Ebola, de Bundibugyo le long du corridor fluvial entre Kisangani et Kinshasa, afin de prévenir sa propagation vers les hubs fluviaux, les communautés riveraines et les pays voisins », a déclaré le pr Didier Bompangue, expert à l’organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon cet expert, cette initiative « Fleuve Congo Sans Ebola » s’inscrit dans le cadre du projet de sécurisation sanitaire du corridor du fleuve Congo et de ses affluents pour la prévention, la détection précoce et la prise en charge rapide contre la maladie à virus Ebola (MVE) et les autres maladies à potentiel épidémique.
Le professeur Bompangue a noté que les six axes stratégiques de ce projet sont la coordination suivi de la mise en œuvre et logistique, l’organisation des ateliers et des différentes réunions techniques, le renforcement des capacités par des formation, la coordination et gestion des partenaires d’implémentation-Communication visibilité et appui, la gestion des quarantaines et l’aménagements physiques des ports et construction des Centres de traitement Ebola.
« Ces principaux axes comprennent notamment le corridor Kinshasa-Brazzaville-Bangui via l’Ubangi, le corridor Kinshasa-Kisangani et le corridor Kinshasa-Ilebo via la rivière Kasaï », a-t- il dit.
Ce projet a-t- il poursuivi cible les unités flottantes, les ports, les marchés, les campements de pêche, les structures sanitaires riveraines et les communautés locales, tout en renforçant la coordination entre les secteurs de la santé, des transports, de la pêche et de la sécurité, ainsi qu’avec les autorités portuaires et les partenaires techniques et financiers.
Il concerne cinq provinces riveraines qui sont la Tshopo, la Mongala, l’Équateur, le Maï-Ndombe et la ville de Kinshasa, ainsi que quatre centres majeurs à Kisangani, à Mbandaka, à Kwamouth et à Kinshasa.
L’approche « une santé » préconisé dans ce projet
Par ailleurs, le professeur Bompague a indiqué que ce projet préconise une approche multisectorielle et intégrée « une santé », associant notamment les secteurs de la santé, de l’intérieur, des transports, de l’environnement, de la pêche et de l’élevage, de l’enseignement supérieur et universitaire, de la recherche et de l’innovation, les communautés locales ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Cet expert a noté que la mise en œuvre de ce projet reposera sur une coordination stratégique nationale multisectorielle, associant notamment les ministères de l’intérieur, des transports et de la santé.
« Il sera question dans ce projet de disposer notamment de capacités de laboratoire fixes et mobiles flottantes, de capacités d’isolement et de prise en charge, de CTE de grande capacité, de capacités de gestion des quarantaines d’unités flottantes et de ports aménagés. Le projet prévoit aussi le développement d’un système de surveillance communautaire reposant notamment sur les armateurs, capitaines de bateaux, baleinières et contrôleurs fluviaux, ainsi que le renforcement des systèmes de gestion de l’information et de la communication, avec un tableau de bord interactif », a-t-il dit.
En outre, le professeur Jean Jacques Muyembe, directeur général de l’institut national de recherche biomédicale (INRB) a indiqué que ce projet va permettre que le fleuve Congo soit sans maladies à potentielle épidémie.
« Le but final, c’est dire que maintenant sur le fleuve, il faut qu’on soit organisé et pour lutter contre les risques d’Ebola au port, à bord du bateau, la première chose, c’est bien sûr de prendre la température. Je pense qu’il faut interdire la viande de brousse fraîche », a-t- il dit.
Réagissant en ligne, le prof Steve Ahuka, incident manger du task force Ebola, a noté que la riposte fait face à plusieurs défis notamment ceux liés à la résistance communautaire, la présence des groupes armées et logistique. ACP/GB

