Kinshasa, 23 mars 2026 (ACP).- La coopération en matière de criminalité transfrontalière et la lutte contre la corruption ont fait l’objet d’échanges, lundi à Bruxelles, en Belgique, entre le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo (RDC) et une procureure belge, selon un compte X consulté par l’ACP.
« Pour entamer sa mission, ce lundi 23 mars 2026, le ministre d’État Guillaume Ngefa a rencontré Mme Ann Franse, procureure fédérale de Belgique, dans son cabinet au parquet fédéral. La coopération en matière de criminalité transfrontalière et la lutte contre la corruption et le blanchiment étaient au centre de leurs échanges », a-t-on lu sur le compte X du ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des sceaux.
Au parquet fédéral à Bruxelles, ils ont parlé de la coopération en matière de criminalité transfrontalière et la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.
Au cours d’une interview, la procureure fédérale Franse a détaillé les axes de cette coopération. Elle a indiqué que la rencontre fait suite aux échanges de novembre dernier, et que l’objectif était d’échanger sur les bonnes pratiques et d’organiser des formations entre magistrats et enquêteurs spécialisés dans la criminalité financière, économique et la fraude sociale.
Elle a ajouté que la Belgique a proposé de partager son expertise, notamment sur les crypto-actifs. La procureure fédérale a précisé également que les deux parties ont discuté de la restitution des avoirs patrimoniaux et de la possibilité de partager les biens saisis et confisqués, un point crucial pour la RDC.

Ministre d’Etat congolais en charge de la Justice, à droite, lors des échanges
« La Belgique peut poursuivre des faits commis hors de son territoire, notamment la corruption active et passive. Des dossiers communs existent déjà, ce qui permet aux deux pays de collaborer, même si les faits ne se sont pas produits en Belgique », a-t-elle soutenu.
Enfin, elle a relevé que la RDC vient de créer un tribunal pénal économique et financier, pendant que la Belgique met en place une section financière au sein de son parquet fédéral.
Pour la procureure belge, les deux parties ont prévu d’échanger textes législatifs, pratiques et expériences, et de travailler étroitement entre leurs sections financières pour faciliter la lutte contre la criminalité organisée.
De son côté, M. Frédéric Van Leeuw, président du Collège des procureurs généraux, a mis en garde contre les dérives des réseaux sociaux. Il a rappelé qu’un arrêt récent de la Cour de cassation belge distingue désormais les publications sur les réseaux sociaux du délit de presse, ce qui permet de poursuivre les commentaires qui incitent à la violence.
« Un enjeu crucial, comme l’a montré la radicalisation de djihadistes via les réseaux », a-t-il insisté.
Et de relever : « 30% du contenu des réseaux sociaux est produit par 1% d’influenceurs souvent très radicaux, et que la réponse doit passer par l’éducation et le dialogue avec les jeunes », avant de conclure que la coopération Belgique-RDC doit s’adapter aux différences législatives.
À la fin de la journée, le ministre congolais de la Justice a poursuivi une réunion avec Mme Anneleen Van Bossuyt, ministre de l’Asile et de la Migration, afin d’entrevoir une coordination judiciaire.
Guillaume Ngefa, ministre d’État congolais en charge de la Justice et Garde des sceaux, accompagné Firmin Mvonde, procureur général près la Cour de cassation, est en mission du 23 au 30 mars 2026, à Bruxelles.
ACP/

