Kinshasa, 23 mars 2026 (ACP).- La contre-expertise du rapport de l’inspecteur du Travail sur le décompte final a été sollicitée, lundi, par un ex-travailleur devant le tribunal du travail de Matete, au centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans un litige l’opposant à l’Université catholique du Congo (UCC).
« Dans votre jugement avant dire droit, vous avez demandé à l’inspecteur de calculer le décompte final avec préavis. C’est ainsi que nous demandons une contre-expertise du décompte final en tenant compte de tous les éléments-là », a déclaré M. Martin Bieto, ex-travailleur de l’UCC.
.Et d’ajouter: « Nous avons émis des doutes, parce qu’en date du 11 janvier 2024, j’avais écrit une correspondance au secrétaire général administratif demandant une simulation de mon décompte final, parce que je voulais prendre un crédit à la banque (…) Cette simulation m’avais permis d’avoir ce crédit. Le décompte final, à l’époque, au mois de janvier 2024, était de 5.844 $, et j’étais licencié 3 ans après (donc 1 an après avoir pris le crédit à la banque.) Comment est-ce que le décompte final peut être de moins de 1.000$ ? », s’est-il interrogé.
Pour le demandeur, Bieto, l’UCC a fourni à l’inspecteur du Travail des éléments erronés. « Je n’ai rien déposé à l’inspecteur, c’est l’UCC qui a fourni les informations erronées à l’inspecteur du travail », a-t-il dit.
Prenant la parole à son tour, l’UCC a fait savoir au tribunal que les éléments dont l’inspecteur s’est servi pour faire son travail venaient du demandeur.
« Nous commençons par confirmer que devant l’inspecteur du Travail, les éléments (du contrat de travail, feuille de paie) ont été déposés par la partie Bieto. L’UCC n’est venue que pour vérifier, nous avons été invités pour confirmer si ces preuves de paie viennent d’elle. Grâce à ça, l’inspecteur nous a confirmé que M. Bieto a fait 2 ans et 11 mois, et non 3 ans comme il le dit », a précisé l’UCC.
Pour elle, le calcul de l’inspecteur a été fait avec préavis, alors qu’elle avait demandé au tribunal d’ordonner le calcul du décompte sans préavis, étant donné qu’il a été licencié pour faute lourde.
Elle a enrichi en disant que le décompte final, dont le demandeur Bieto se base pour émettre des doutes au rapport de l’inspecteur, a été fait juste pour lui permettre d’avoir le crédit à la banque comme tout agent.
« Le calcul du décompte final qui a été fait a été fait de manière complaisante pour lui permettre d’avoir un crédit en tant qu’agent, tous les travailleurs le font. Il avait écrit une lettre en 2024 et on lui a répondu.
Venir alors dire que son décompte final, à l’époque, faisait autant et que l’expertise de l’inspecteur est inexacte, ce document ne peut retenir votre attention. Nous réitérons notre plaidoirie », a conclu, l’UCC.
Pour le magistrat du parquet, dire que la correspondance qu’a produite le demandeur Bieto est complaisante n’est qu’une turpitude de la part de la défenderesse Université catholique du Congo qui, du reste, n’a pas méconnu ladite correspondance (…).
« Qu’il vous plaise de dire recevable et fondée la requête du demandeur tendant à la contre-expertise et vous ferez justice », a-t-il requis.
« Le tribunal a pris l’affaire en délibéré et, décidera sur toutes les possibilités », a déclaré Doudou Malangwa, juge président de la composition. ACP/JF

