Kinshasa, 7 octobre 2026 (ACP).- Les erreurs récurrentes commises par les entrepreneurs chrétiens dans leurs affaires ont été décortiquées, mercredi, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par un consultant en leadership, lors d’un échange avec des porteurs de projets.
« L’entrepreneuriat est un chemin vers l’autonomie et l’indépendance financière. Faute de le comprendre, de nombreux chrétiens tombent dans des pièges qui limitent la durée de vie de leurs entreprises à trois ans en moyenne. Identifier ces erreurs à temps permet de mieux les prévenir et de prospérer durablement, car la prospérité est aussi la volonté de Dieu », a déclaré le docteur Silas Mimile, consultant en leadership.
Abordant le fond de son propos, l’orateur a relevé une première dérive, notamment le fait que de nombreux entrepreneurs chrétiens confondent la foi avec l’imprudence et la naïveté dans la gestion.
« Dans le monde des affaires, la foi n’est pas synonyme de folie. Il faut cesser d’investir de manière irrationnelle au nom de la foi », a-t-il martelé, invitant les entrepreneurs à allier conviction spirituelle et rigueur managériale.
Évoquant la deuxième erreur, l’orateur a déploré le fait que certains entrepreneurs considèrent la prière comme un substitut à la compétence.
« Dans le domaine des affaires, la prière est un moyen de dépannage et non de fonctionnement. On n’engage pas un collaborateur simplement parce qu’il prie beaucoup », a-t-il fait remarquer.
Pour lui, la réussite entrepreneuriale exige la maîtrise des fondamentaux.
« On ne peut réussir sans des notions de base en comptabilité. La chose la plus importante dans le business, c’est la clientèle. Il faut apprendre l’art de la négociation, maîtriser le marketing et développer une vision stratégique à long terme. Il faut également apprendre la fiscalité, car il n’y a pas que la dîme à payer, il y a aussi les impôts », a expliqué l’orateur.
Dans son troisième point, M. Mimile a insisté sur la nécessité, pour les entrepreneurs chrétiens, de faire la distinction entre leurs finances personnelles, celles de l’Église et celles qui appartiennent à Dieu.
« Il faut savoir distinguer son propre argent de l’argent de l’Église et de celui de Dieu », a-t-il souligné, dénonçant une confusion qui conduit à de graves dérives financières.
En quatrième lieu, il a fustigé la tendance de certains entrepreneurs à prendre Dieu comme justification pour masquer leur manque de rigueur.
« Avoir Dieu ne vous dispense pas d’utiliser votre faculté de raisonnement », a-t-il martelé.
« Il faut analyser le marché, réaliser une étude de faisabilité et évaluer les risques avant de se lancer », a poursuivi l’orateur.
ACP/S. J./Nt

