Festival ‘‘Série 7’’ : la 2ème édition axée sur la transmission des savoirs artistiques 

Kinshasa, 20 mars 2026 (ACP). – Le festival ‘‘Série 7’’, axé sur la valorisation des arts de la scène, s’est ouvert vendredi 20 mars à Kinshasa, en République démocratique du Congo, avec une édition centrée sur la transmission des savoirs artistiques, tout en rendant hommage à un auteur pour son apport au secteur culturel.

« C’est notre deuxième édition. Nous sommes vraiment ravisde concrétiser ce rendez-vous unique pour les arts vivants. Pour cette fois, on prévoit la part belle aux jeunes créateurs et en rendant hommage à N’zana Tata, un auteur de Kinshasa qui vit à Kinshasa, qui écrit à Kinshasa mais qui est lu dans le monde », a déclaré la comédienne Albertine Itela, l’une des initiateurs du festival ‘‘Série 7’’ aux côtés de ses compères Bibish Mumbu et Christian Mualu.

A travers cette initiative, les organisateurs entendent renforcerla continuité artistique et professionnelle dans le secteur des spectacles vivants, en favorisant les échanges entre artistes et en consolidant les liens avec les médias.

« On s’inscrit dans la continuité de ce qui s’est déjà fait avant, entre les échanges de spectacles et d’artistes dans la ville de Kinshasa à l’époque où tout circulait entre les écuries ‘‘Maloba, les artistes du ‘‘Marabout Théâtre’’, avant même d’aller vers les espaces des expatriés », a rappelé BibishMumbu, évoquant la nécessité de raviver les échanges non seulement avec les structures locales mais aussi, avec les critiques d’art.

« (…) nous sommes à un moment où nous avons aussi beaucoup vécu, nous avons appris beaucoup de choses, nous avons tenté beaucoup, parfois réussi, parfois moins », a-t-elle relevé.

Pour elle, le festival se positionne comme un cadre d’expression destiné aux professionnels, mettant en avant des artistes porteurs de projets structurés.

« Pour que notre scène de relais se passe par nous, et on a décidé que le festival fasse participer ceux qui savent. (…) On n’est pas une école d’apprentissage, mais un événement pour les professionnels », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité pour les participants de venir « avec une posture, avec un projet, avec une envie, pour qu’ensemble on bâtisse ».

Un clin d’œil à la génération 70

Revenant sur leur motivation, ils ont évoqué l’héritage culturel des années 1970 au Zaïre, période d’effervescence artistique. 

« Nous sommes trois, nous sommes nés dans les années 70. Et, ces années 70 là, ont vu le Congo,  le Zaïre à l’époque, excellé culturellement. C’est un rappel que si ça a existé, ça peut encore exister », a soutenu Albertine Itela, mettant en avant une volonté de transmission intergénérationnelle et de capitalisation d’expériences acquises depuis 20 ans, 25 ans, ou 30 ans. 

Hommage à N’anza Tata

Par ailleurs, cette édition rend hommage à l’auteur et dramaturge congolais Bonheur Mutumba, mieux connu N’anza Tata dans l’univers artistique, une figure artistique et culturelle associée au théâtre et aux arts de la scène en République démocratique du Congo.

« C’est mieux quelqu’un qui est vivant, parce qu’on a vraiment besoin que cette personne puisse (…) se réjouir avec nous du rayonnement de son travail », a-t-elle expliqué, estimant que cette reconnaissance constitue « une sorte de reconnaissance (…) pendant qu’ils sont encore vivants », a-t-elle indiqué, avant d’ajouter : « parce qu’on a vraiment besoin que cette personne puisse jouir et se réjouir avec nous du rayonnement de son travail. (…) c’est mieux quelqu’un qui est vivant (…) On peut continuer à célébrer les morts, mais s’ils n’en jouissent pas, ils ne jouissent pas de cette célébration ».

Enfin, ils ont insisté sur l’approche locale et collaborative de l’événement s’agissant le financement attendu pour l’organisation du festival. 

« Nous n’avons pas voulu d’institution étrangère (…) chacun a contribué (…) pour que cet événement ait lieu », ont-ils conclu, évoquant « une histoire d’entraide, de collaboration mutuelle » guidée par « le désir de bien faire les choses ».

L’ouverture de cette édition a été marquée par une parade de marionnettes géantes, accompagnée de performances artistiques et de percussions, ainsi que d’une lecture scénique intitulée ‘‘Il a décidé de partir’’, œuvre de Bonheur Mutumba, dit N’Anza Tata, mise en scène par Christian Mualu Muela.

Jusqu’au 22 mars sur les différents sites à savoir, l’Académie des Beaux-arts, le terrain Comète et un espace dédié à la culture sur l’avenue Mont des arts dans la commune de Lingwala, la programmation prévoit une diversité, réunissant une dizaine de compagnies et près d’une cinquantaine d’artistes comédiens, chorégraphes, musiciens et performeurs scéniques issus de différents horizons avec en toile de fond des master et ateliers.

ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet