Kikwit, 10 octobre 2026 (ACP).- L’album “Molotoria”, première œuvre solo de Jean Kakodi, alias apocalypse, a été conçu comme une fusion de “Molokaï” et “Victoria”, en hommage à Papa Wemba et à King Kester Emeneya, deux figures décédées de la musique de la République démocratique du Congo, selon une vidéo visionnée samedi à l’ACP.
« Dans ma carrière solo, je voulais d’abord honorer Papa Wemba. Mais en tant que villageois de Molokaï, je ne pouvais oublier King Kester Emeneya, celui qui nous a donné le goût de Molokaï. J’ai donc pris “Molo” chez Wemba, chef coutumier du village, et “Toria” de Victoria Eleison de Kester. Ça donne Molotoria. Un album hommage aux deux icônes », a-t-il déclaré.
Selon lui, cet opus, récemment mis sur le marché du disque, traduit sa gratitude envers le patron de l’orchestre dont il fut sociétaire, ainsi qu’envers son aîné du terroir, tous deux originaires de Kikwit.
Justifiant ce choix par sa quête d’originalité, le surnommé Apocadero a exhorté les artistes à privilégier l’innovation plutôt que de s’éterniser dans les voies conventionnelles, réaffirmant sa dette morale envers ces deux légendes.
Signé Apocalypse, ex-deuxièmiste de Viva La Musica resté gravé dans la mémoire des mélomanes pour son solo vocal dans “Fula Ngenge” de Papa Wemba, cette œuvre intitulée “Molotoria“ comprend plusieurs titres, dont le plus marquant demeure celui dédié au diamantaire congolais Didi Kinuani.
Décédés respectivement en 2014 et 2016, King Kester Emeneya et Papa Wemba ont laissé derrière eux plus qu’une rivalité légendaire : une complicité ancrée dans leur appartenance commune au village Molokaï.
L’un avec Victoria Eleison et des titres cultes comme “Nzinzi“ ou “Longue Histoire”, l’autre avec Viva La Musica et des titres intemporels comme “Emotion” et “Mère Supérieure”, ont chacun, à leur manière, réinventé la rumba congolaise et inspiré toute une génération.
ACP/ STJ (SP)

