Kinshasa, 13 mars 2026 (ACP) –La circoncision traditionnelle chez les Bakongo, en République démocratique du Congo un rite d’initiation marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte et un cadre de transmission des valeurs sociales et culturelles, a appris l’ACP vendredi d’une chercheuse en histoire contemporaine lors d’un échange.
«Chez les Bakongo, la circoncision est appelée Dilongo. Elle ne se limite pas à l’acte de couper le prépuce. Elle représente avant tout un système d’éducation traditionnel qui prépare les jeunes garçons à devenir des hommes responsables dans la société.Les chercheurs qui ont étudié cette tradition expliquent que le Dilongo est considéré comme une véritable école de la vie.» a déclaré Kalunga Bisimbi, analyste et Chercheuse
« C’est un moment important dans la vie d’un jeune garçon, car il marque la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Dans la vision traditionnelle bantoue, un garçon ne devient réellement un homme qu’après avoir traversé ce rite d’initiation. Celui qui n’a pas encore passé cette étape est souvent considéré comme un enfant qui doit encore être éduqué et préparé à la vie adulte.» a-t-il ajouté
Elle a également expliqué que ce rite d’initiation suit un processus bien structuré marqué par plusieurs étapes de formation et d’encadrement des jeunes initiés.
«Le processus d’initiation commence généralement par la séparation temporaire des jeunes garçons de leur famille et de la communauté. Ils sont conduits dans un lieu spécial appelé Maseka, un espace réservé à l’initiation où ils vont vivre pendant un certain temps.
Dans ce lieu, les initiés reçoivent les enseignements des anciens et des maîtres d’initiation, souvent appelés Nganga Yota» a-t-elle indiqué
Et de poursuivre : «Ces maîtres jouent un rôle très important car ils transmettent aux jeunes les connaissances et les valeurs nécessaires pour devenir des hommes respectés dans la communauté, les jeunes garçons apprennent plusieurs choses essentielles :
le respect des anciens
la discipline, la responsabilité envers la famille
le rôle d’un homme dans la société le respect des traditions
les règles de la vie sociale et familiale»
Le Dilongo une période de formation et d’initiation avant l’âge adulte
Selon la chercheuse indépendante Kalunga Bisimbi, la circoncision traditionnelle chez les Bakongo ne se limite pas à un acte physique. Elle s’accompagne d’une période de guérison et d’enseignement.
« Après l’opération, les initiés restent pendant une période de guérison dans le lieu d’initiation. Durant cette phase, ils continuent à recevoir des enseignements et des conseils pour leur future vie d’adulte.Une fois que le processus est terminé, le jeune initié obtient un nouveau statut dans la société. Il devient Kuda, ce qui signifie qu’il est désormais reconnu comme un homme capable d’assumer des responsabilités.» a-t-elle révélé
«Le Dilongo joue également un rôle important dans la transmission des valeurs culturelles. Les chercheurs expliquent que ce rite constitue une forme de pédagogie africaine, c’est-à-dire une manière traditionnelle d’enseigner et de transmettre les connaissances aux nouvelles générations.» a-t-elle précisé
Elle a souligné que ces pratiques ancestrales ont subi de profondes transformations au fil du temps, notamment sous l’effet de l’histoire coloniale et de certaines influences extérieures.
« Malheureusement, l’étude explique aussi que ces traditions ont été fortement affaiblies par l’histoire coloniale et par certaines influences extérieures. Avec le temps, beaucoup de rites traditionnels ont été remplacés par des pratiques modernes.Aujourd’hui, dans plusieurs régions, la circoncision est souvent réalisée dans les hôpitaux. » a-t-elle déplore. ACP/C.L.

