Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).- L’héritage musical de Paul Kamba et Jean Serge Essous, deux figures tutélaires de la rumba moderne inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2021, a été débattu jeudi lors d’un forum suivi par l’ACP depuis Kinshasa en République du Congo, lequel a mis en lumière leur apport dans sa modernisation.
« Il est impossible d’évoquer la rumba moderne sans citer Paul Kamba et Jean Serge Essous, l’un des instigateurs de la formation des orchestres de Kinshasa et de Brazzaville. Les deux ont légué un héritage musical solide sur les deux rives du fleuve Congo », a déclaré Platoche Anaïde, chercheur en histoire de la musique.
Évoquant Paul Kamba, le chercheur a retracé son parcours artistique en disant que :
« Disparu le 8 janvier 1950 à 37 ans, il fonde en 1941 à Brazzaville Victoria Brazza, groupe légendaire qui impose un “genre typique ” entre guitare, cordes et piano. Son œuvre, éditée chez Ngoma, lui vaut la décoration de Chevalier de l’Étoile du Bénin de la République française. L’artiste meurt quelques mois avant son départ pour une formation dans un conservatoire français », a-t-il indiqué.
Selon M. Anaïde, la trace laissée par Kamba reste visible aujourd’hui à Brazzaville où :
« Plusieurs lieux portent son nom : la rue Paul Kamba à Poto-Poto, l’École nationale des Beaux-Arts, le challenge national de musique, son buste place de la gare et l’hospice des vieillards ».
S’agissant de Jean Serge Essous, le chercheur a indiqué : « Décédé en 2009, il marque les années 1950 par l’introduction du tcha-tcha-tcha dans la musique congolaise avec « Bayila », chantée en espagnol au sein de Rock-A-Mambo. Le titre, produit aux Éditions Loningisa, connaît un succès phénoménal à Léopoldville entre 1956 et 1958 ».
« Au-delà de ce succès, Essous pose un acte fondateur pour toute la profession. En mai 1956, il signe au nom du groupe le contrat fondateur de l’Ok Jazz, devenant ainsi son premier chef d’orchestre, titre que Franco lui a toujours reconnu. L’Ok Jazz naît au Ok bar de Germain Gaston, qui fournit l’équipement musical au groupe composé de musiciens des deux Congo, dont Franco, Rossignol et Loubelo De La Lune », a dit Platoche Anaïde.
« En conclusion des échanges, le forum a dégagé la complémentarité des deux parcours. Pour les participants, Kamba a ouvert la voie musicale et Essous la voie organisationnelle aux grandes écoles nommées orchestres qui ont dominé le bassin du Congo », a résumé Victor Londola, l’un des intervenants à ce forum. ACP/JF

