RDC : plaidoyer pour la clarification du rôle de la Cenco dans l’espace public

Kinshasa, 4 juillet 2026 (ACP).- Une clarification sur le rôle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dans le débat public a fait l’objet d’un plaidoyer par la ‘’Convergence pour l’Émergence du Congo (CEC)’’, une structure de la société civile, dans une déclaration parvenue samedi à l’ACP.

«À l’occasion de la commémoration du 30 juin, date de l’indépendance de la République démocratique du Congo, certaines initiatives et déclarations attribuées à des responsables de la Cenco ont été perçues par une partie de l’opinion comme relevant d’un positionnement politique, dans un contexte national déjà sensible. Ces évolutions alimentent un débat de fond sur la frontière entre la mission pastorale de l’Église catholique, fondée sur l’accompagnement spirituel, la paix et la cohésion sociale, et son implication dans les dynamiques politiques nationales», a déclaré Jean-Louis Tshimbalanga, président de la CEC, cité dans le document.

Selon cette organisation, la doctrine sociale de l’Église catholique met en avant les principes de justice, de paix et d’unité, qui devraient guider l’action des responsables religieux dans un contexte national marqué par des fragilités sécuritaires et sociales.

«Il ne s’agit pas de remettre en cause la place de l’Église catholique dans la société congolaise, mais d’ouvrir un débat nécessaire sur les limites de l’engagement de ses évêques dans le champ politique», a-t-on lu dans le document.

Le document a également souligné que les relations entre la RDC et le Saint-Siège sont régies par l’Accord-cadre signé en 1977, qui organise les rapports entre l’Église et l’État dans le respect de la souveraineté nationale et de la séparation des compétences.

Selon la CEC, cet accord encadre les missions pastorales, éducatives et sociales de l’Église catholique, sans lui conférer un rôle dans la conduite des affaires politiques de l’État.

La CEC a par ailleurs, rappelé que les évêques et les responsables de la Cenco demeurent soumis au droit commun congolais, les immunités diplomatiques étant exclusivement reconnues aux représentants officiellement accrédités du Saint-Siège, conformément aux dispositions de la Convention de Vienne.

Pour cette structure, la clarification du rôle des institutions religieuses dans l’espace public contribue à préserver leur autorité morale ainsi que leur vocation de rassemblement.

«Dans un pays marqué par des décennies de conflits, de souffrances et de fractures sociales, la responsabilité des acteurs influents est déterminante : contribuer à l’apaisement et à la cohésion nationale, ou risquer d’alimenter des dynamiques de division», a conclu le document. ACP/M

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