Kinshasa, 28 mars 2026 (ACP).- Des actions disciplinaires pouvant conduire à la radiation du médecin auteur d’une violence obstétricale dans un hôpital à N’sele à Kinshasa en République démocratique du Congo, ont été exigées vendredi par une députée nationale, lors d’une plénière au Palais du Peuple.
« Ce qui s’est passé est une ligne rouge et lorsqu’une ligne rouge est franchie, la République doit répondre avec fermeté. Nous appelons à des sanctions disciplinaires exemplaires pouvant conduire à la radiation de ce dernier », a déclaré Percy Nzuzi, présidente de la commission égalité des chances, famille et enfant de l’Assemblée nationale.
La députée Nzuzi a soutenu l’idée selon laquelle, il faudra saisir les autorités religieuses compétentes afin de sanctionner ce médecin, également pasteur dans une église de réveil.
« En tant que pasteur, saisir les autorités compétentes afin d’examiner les conditions de l’exercice de ses activités religieuses et le cas échéant, prononcer la suspension de son droit de prêcher », a-t-elle souhaité, avant de solliciter une action judiciaire contre toute personne ayant participé ou facilité l’accomplissement de cet acte.
« Nous sollicitons des poursuites contre toutes les personnes présentes ayant participé, faciliter où toléré ces actes. Nous sollicitons aussi l’ouverture d’une enquête nationale sur les violences faites aux patients dans les structures de santé surtout dans les services de maternité », a suggéré Mme Nzuzi, proposant ainsi la mise en place de signalements pour les victimes et le renforcement de contrôle de l’éthique dans la pratique médicale.
« Nous exigeons une prise de position forte du bureau l’assemblée nationale. Regarder ailleurs serait une complicité car la dignité d’une femme ne se négocie pas, elle se protège. (…) C’est une double violence, une double humiliation, une atteinte grave à la dignité humaine. Ce que nous avons vu n’est pas un fait isolé. Depuis quelques temps, nous assistons à une banalisation inquiétante de la diffusion des images de nudité des femmes sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui cette dérive a franchi un seuil inaccessible et s’invite jusque dans nos structures de santé », a martelé Percy Nzuzi, élue de la circonscription de Matadi dans le Kongo central.
« Au-delà de cette vidéo, une question fondamentale se pose : combien des femmes souffrent-elles en silence ? Chaque jour sur les réseaux sociaux, les femmes témoignent. Elles parlent des violences subies lors des accouchements. Souvent ces violences ne sont pas filmées, mais elles existent et sont répétées et tolérées. La commission égalité de chance, famille et enfants dit non, non à la banalisation de la violence, non à l’exploitation du corps des femmes, non à la maltraitance des patients, non à l’impunité » a-t-elle conclu.
Réagissant quant à son exposé de motif, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji a rassuré l’accompagnement de son bureau, avant de promettre d’exiger des fortes sanctions contre l’auteur de cette violence.
ACP/C.L.

