RDC : les tierces, glissés et arpèges de Docteur Nico demeurent une référence congolaise

Kinshasa, 22 septembre 2026 (ACP).- Les tierces, les glissés et les arpèges caractéristiques du jeu de Dr. Nico demeurent une référence dans la guitare congolaise, 41 ans après sa disparition, selon une analyse musicale d’Yves Kambala recueillie mardi par l’ACP à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

« Écoute le sebene de n’importe quel groupe de Kinshasa aujourd’hui : les tierces, les glissés, les arpèges rapides qui descendent comme une cascade, c’est Nico. La structure même : accompagnement, mi-solo, solo, c’est son architecture de 1963 qui est toujours en place », a expliqué Yves Kambala.

Selon cet analyste musical, cette influence témoigne de la permanence du langage guitaristique développé par Dr Nico au cours de sa carrière, notamment au sein de l’African Jazz, de l’African Fiesta et de l’African Fiesta Sukisa.

« 41 ans après sa mort, il reste et demeure la référence, l’école. Tout soliste congolais est, qu’il le veuille ou non, un élève de Nico », a-t-il soutenu.

Une influence sur plusieurs générations

Yves Kambala a cité notamment Rigo Star, Caien Madoka et Beniko Popolipo parmi les guitaristes ayant, selon lui, développé un vocabulaire musical issu des innovations de Dr Nico entre 1953 et 1970.

Il a relevé que, malgré l’introduction de nouveaux instruments et de nouvelles technologies dans la rumba congolaise, le sebene contemporain continue de reprendre plusieurs éléments de cette écriture guitaristique.

« La modernité a apporté les synthétiseurs et les boîtes à rythmes, mais lorsqu’arrive le sebene, on revient toujours à la syntaxe de Nico », a-t-il fait remarquer.

Une révolution technique et rythmique

L’analyste musical a également mis en avant la précision rythmique du guitariste, son jeu aux doigts et son utilisation des tierces, des glissés et des arpèges, estimant que ces éléments ont contribué à renouveler la place de la guitare dans la musique congolaise.

Il a particulièrement évoqué le  ‘‘mi-solo’’, conçu comme un passage intermédiaire entre l’accompagnement et le solo, présenté comme l’une des innovations ayant marqué l’architecture musicale de Dr Nico.

Yves Kambala a par ailleurs rapporté que le guitariste congolais Dizzy Mandjeku avait reconnu avoir cherché, au début de sa carrière, à jouer comme Dr. Nico.

Une influence qui dépasse les frontières

L’analyste a également évoqué des appréciations internationales consacrées au guitariste congolais, notamment celles d’Alastair Johnston, auteur de travaux sur la musique africaine, qui l’a placé parmi les grands guitaristes de l’histoire.

Il a aussi rapporté une rencontre attribuée à Jimi Hendrix avec Dr Nico lors d’un passage à Paris, tout en la présentant comme un témoignage rapporté plutôt que comme un fait établi.

Né le 7 juillet 1939 à Mikalayi, dans l’actuelle province du Kasaï, Nicolas Kasanda, dit Dr Nico, est décédé le 22 septembre 1985 à Bruxelles, à l’âge de 46 ans.

Sa carrière a notamment été marquée par son passage à l’African Jazz de Joseph Kabasele, sa participation à l’aventure de l’African Fiesta et son rôle dans l’évolution de la guitare moderne congolaise.

ACP/ S T J/ Ind Is/BA

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